Une fois de plus, on se retrouve devant le même scénario : une négociation internationale cruciale, la Commission européenne qui en fait des tonnes pour montrer qu’elle est vertueuse au regard de la libéralisation des marchés, la France qui se hérisse pour dire que l’on va trop loin. Au conseil agricole de Bruxelles comme devant la presse deux jours plus tard, Dominique Bussereau a voulu calmer les ardeurs du négociateur européen Peter Mandelson. Le ministre français se situait dans la droite ligne des orientations de Dominique de Villepin affirmées à l’occasion du Space de Rennes.

Derrière ces passes d’armes se profilent des débats très européens. Les positions de Peter Mandelson ne sont certainement pas sans lien avec les propres positions de Tony Blair. Le premier ministre britannique ne cracherait pas sur un accord à l’OMC qui obligerait à réformer la Pac avant 2013, éventualité qu’exclut, justement, la France.

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Pour les Britanniques comme pour les Américains et les réformateurs européens, il y a une « fenêtre de tir » idéale : empêtrée dans la suite de ses élections indécises, l’Allemagne est absente du débat et va le rester plusieurs semaines. Sans son allié traditionnel, plutôt docile sur le plan agricole, la France se trouve en position plus difficile.

Elle doit aussi compter, dans l’équation, avec le nouveau DG de l’OMC, Pascal Lamy. Celui-ci veut pousser les feux de la négociation et incite l’Europe et les Etats Unis à faire des concessions an agriculture. La France serait bien tentée de lui rappeler qu’il est Français… mais elle s’interdirait alors d’inciter Peter Mandelson à oublier qu’il est Britannique.