La coopérative bretonne Laïta anticipe les futures exigences de ses clients, notamment à l'international, en créant sa propre charte liée aux responsabilités sociétales et environnementales de son métier de producteur, collecteur et transformateur de lait. Cette charte Passion du Lait doit permettre de pérenniser l'activité économique et d'apporter davantage de valeur ajoutée.
Anticipant les réglementations européennes et internationales qui concernent la production de biens de grande consommation, notamment dans le domaine de l'alimentaire, la coopérative Laïta a voulu aller encore plus loin. Sa charte Passion du Lait, véritable référentiel en cours de certification par l'organisme indépendant SGS Certificateur, doit mettre l'ensemble des 3 420 producteurs exploitants et des 2 670 salariés au diapason d'ici à 2018. 550 exploitations ont déjà été auditées. L'objectif vise à fédérer les équipes autour d'un même projet d'entreprise reposant sur la qualité, l'environnement, le bien-être animal, les hommes et le territoire. Un engagement qui émane de « nos clients internationaux », explique Christian Griner, directeur général adjoint de Laïta. Notamment en Asie, dont la demande et l'exigence sur ces thématiques sont de plus en plus fortes. Si aujourd'hui, le chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros se répartit à 60 % en France, 25 % en Europe et 15 % au grand export, l'équipe dirigeante espère arriver à équilibrer à hauteur de 50 % à l'export d'ici à 2020. « Nos outils industriels sont arrivés à maturité, la croissance se situe désormais hors de France et hors d'Europe », indique Guy Le Bars, président du groupe Even, actionnaire majoritaire de Laïta, aux côtés des coopératives Terrena et Triskalia. Laïta collecte et transforme aujourd'hui 1,5 milliard de litres de lait, en provenance à 100 % du Grand Ouest, et mise sur 2 milliards de litres en 2020.
PLUS DE 260 M€ DÉJÀ INVESTIS DEPUIS 2012
« Les critères de sélection des clients grands comptes sont de plus en plus exigeants », assure Lauriane Toutain, coordinatrice de la charte Passion du Lait. « Si nous voulons continuer d'être fournisseur, et même fournisseur de fournisseurs, la démarche développement durable se doit d'être complète. L'idée est de faire de cette charte l'ADN de la coopérative pour l'ensemble de nos adhérents ». Pour Dominique Chargé, président de Laïta, cette démarche est également un pari. « Ce que nous voulons, c'est inscrire la relation client sur autre chose que le prix, et notamment les prix bas, en proposant des produits attractifs et innovants, à forte valeur ajoutée ».
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D'ailleurs en 2015, plus de 50 nouveaux produits ont été lancés. Afin de permettre aux six usines de transformations (Ploudaniel, Landerneau, Yffiniac, Lanfains, Créhin, Ancenis) de répondre aux meilleures normes en termes de qualité, de sécurité et de respect de l'environnement, une enveloppe de 50 M€ par an depuis 2012 leur est allouée, soit un investissement de 250 M€ déjà engagé.
Parmi les autres objectifs à atteindre : la réduction de 20 % de l'empreinte carbone d'ici à 2020. « Nous avons déjà observé une réduction de 5 % en 2014 et 5 % en 2015 », commente Christian Griner. A terme, Laïta espère apporter ainsi une réponse aux changements structurels de la filière en permettant la création de valeur durable.