La Chine s’éveille-t-elle aux importations en provenance d’Europe ? A en croire Eurostat, elle est devenue le deuxième partenaire commercial de l’Union à 25 grâce au doublement de leurs échanges entre 1999 et 2003. A y regarder de plus près, il apparaît aussi que le déficit commercial des Vingt-Cinq s’est creusé dans les mêmes proportions, pour dépasser allègrement 64 milliards d’euros. Dans cet océan, le petit milliard revenant aux produits alimentaires fait figure de goutte d’eau, et pour cause : les exportations agroalimentaires européennes totalisent à peine 530 millions d’euros, quand les importations pèsent trois fois autant. Lent et difficile donc, le réveil, mais il est des signes qui prêtent à l’optimisme : le boom actuel des achats chinois de produits laitiers industriels sur le marché mondial, par exemple, ou les perspectives encourageantes pour le sucre. Cela étant, la concurrence mondiale est rude, et l’Europe parfois trop chère, surtout lorsque l’euro atteint des sommets. Sans compter que le candidat européen à l’exportation doit s’armer de patience. Comme le confiait récemment le dirigeant d’une PME, la démarche exige plusieurs années et des voyages fréquents afin de dénicher la clientèle locale, qui sera susceptible d’éveiller l’intérêt d’un gros importateur pour son entreprise. « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », disait La Fontaine. Un proverbe chinois pourrait exprimer la chose pareillement.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.