Patrick Pageard, directeur de Nutriciab, holding financière de la coopérative Ciab basée en Vendée, est devenu, le 25 juin, le nouveau président de l'interprofession de la dinde, le Cidef. Il veut œuvrer pour l'amélioration de la compétitivité de la filière dindes.
Sous quel signe placez-vous votre présidence ?
Il faut dynamiser la filière dindes. Aujourd'hui nous mettons en place 900 000 dindonneaux par semaine, en France. Les volumes ont diminué de moitié au cours des quinze dernières années. Soit nous nous en contentons, soit nous travaillons à l'amélioration de la filière. L'important, c'est de gagner en compétitivité par rapport aux autres viandes. Cela passera par l'optimisation des liens entre les maillons de la filière.
Quels sont, pour vous, les leviers d'amélioration ?
Est-ce que nous exprimons forcément bien le potentiel génétique des animaux dans nos bâtiments ? Est-ce que nous avons les bons rendements en industrie ? Est-ce que nous sommes assez innovants dans les produits que nous proposons ? Dans la dinde, il y a une belle variété de produits, entre la viande rouge et la viande blanche. Il y a de nombreuses possibilités. Nous devons réunir toutes les conditions pour exprimer le potentiel des animaux.
Quelle est l'ambiance dans la filière ? La fébrilité de la filière poulet export vous inquiète-t-elle ?
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Tout déséquilibre de la filière avicole aura des effets négatifs. Il existe toujours des risques de mises en place anarchiques qui pourraient causer des excès de production destructeurs. Dans la filière dinde il y a, depuis le début de l'année, une reprise des mises en place. Mais il ne faut pas dynamiser aveuglément, au risque de se retrouver face à un déséquilibre de matière.
Comment lutter contre les importations, qui ont augmenté en début d'année ?
Il ne faut pas toujours pleurer sur notre sort. Nous avons des outils performants chez les principaux acteurs de la filière. Il y a eu de beaux investissements. Les Allemands ont voté pour l'instauration d'un Smic. Cela pourrait réduire l'écart avec la France dans le secteur de la découpe.
Quels sont vos arguments pour convaincre les conseils régionaux de financer la modernisation des ateliers d'élevage de dindes, via le Plan de modernisation et de compétitivité ?
Le Plan de modernisation doit s'inscrire dans la quête de compétitivité.Le déclin de l'aviculture et l'impact sur l'emploi dans les régions, l'Ouest en particulier, est potentiellement considérable. L'engagement des régions est indispensable.