Alors que les régions planchent sur leurs nouveaux dispositifs de développement économique et de relance de la formation professionnelle, celle des Pays-de-Loire a construit son « Grenelle de l’Apprentissage » qui commence à faire référence. Au niveau national, ses « Sept priorités et 31 mesures » ont déjà fait le tour des réseaux sociaux des professionnels de la formation, notamment en alternance. Détail des mesures.
Pour construire leur projet, Bruno Retailleau, président de la région, et Christelle Morançais, vice-présidente, ont mis en place une méthode de travail collaborative pour faire remonter du terrain les problématiques et les solutions. Une première consultation publique a permis de collecter 2 500 réponses à un questionnaire en quinze jours. En mars, une série de débats, en présence des services de l’État, du Rectorat, des chambres consulaires, des branches professionnelles, des CFA mais aussi de Gérard Mestrallet, DG d'Engie (Ex-GDF-Suez), président de la fondation Agir contre l’exclusion (FACE), a réuni en une journée près de 1 000 participants. Les mesures adoptées ont été immédiatement transcrites dans le budget 2016 de l’institution pour un montant de 4,6 M€. « Notre région souffre d’un taux de chômage des jeunes de 22 % en progression annuelle de 7 % de 2010 à 2015, soit un rythme plus élevé que la moyenne nationale (5 %), souligne Bruno Retailleau. Face à un tel gâchis, nous devons faire sauter les verrous économiques, psychologiques mais aussi idéologiques sur l’apprentissage, et permettre à nos jeunes de s’insérer rapidement et efficacement sur le marché du travail ». D’après une enquête Ipsos de 2015 pour le Medef, 77 % des entreprises estiment que l’apprentissage permet d’améliorer leurs performances, mais seulement 46 % d’entre elles pensent que cette formule est une priorité pour les pouvoirs publics. Bruno Retailleau fera-t-il mentir ce sondage ?
Promotion
L’ambition régionale de tripler le nombre d’apprentis d’ici la fin de la mandature débute par une promotion de l’apprentissage avec un plan de communication de 156 300 € sur les médias classiques, mais aussi les réseaux sociaux. La Région doit organiser un événement majeur sur la thématique et créera un portail internet sur le sujet. Pour attirer les jeunes vers l’apprentissage de manière directe, le dispositif prévoit la mobilisation des conseillers d’orientation, des interventions dans les collèges et la mise en place « d’ambassadeurs ». À cela s’ajoutent des sessions de préapprentissage et « d’apprentissage de la deuxième chance » pour les personnes plus éloignée de l’emploi.
Des recruteurs récompensés
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Une fois les apprentis recrutés, la Région subventionne leur mobilité et leur hébergement. Des conseillers spécialisés dans les CFA les soutiennent, servent d’interface avec les entreprises et préviennent le décrochage. Les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient d’une aide au recrutement du premier apprenti de niveau V ou IV et d’un financement de la formation des maîtres d’apprentissage. La Région s’engage sur ses dispositifs jusqu’en 2021 pour assurer une lisibilité aux recruteurs. Les procédures de recrutement subissent un choc de simplification grâce au numérique et les entreprises exemplaires bénéficieront d’un label. Les employeurs d’apprentis bénéficient d’un traitement de faveur lors de l’attribution des marchés publics.
Adaptation aux besoins
Le « Grenelle » porte sur les CFA avec une révision de leur contrat avec la Région, leur modernisation notamment par le numérique, un rapprochement avec les lycées professionnels et des procédures allégées pour accéder aux fonds européens (FSE). Mais surtout leur fonctionnement devient plus souple et adapté aux besoins du monde économique. Le système consultatif organisé lors du « Grenelle » se poursuit par la création d’un « Conseil régional de l’apprentissage » chargé du suivi des bonnes pratiques à défaut de leur pilotage. L’ensemble des intervenants du monde de l’apprentissage signeront de nouvelles conventions pour clarifier et formaliser leurs relations avec la Région. Il ne reste plus qu’à suivre les conclusions du « Conseil régional de l’apprentissage » et surtout les courbes du nombre d’apprentis et du chômage pour voir si les ambitions politiques seront suivies d’effets.