On aurait tort de minimiser ou de ne pas se préoccuper de ce qui se passe sur le foncier agricole. C’est avant tout la plus ou moins grande disponibilité en terres qui conditionne l’agriculture de demain, la capacité d’investissement des jeunes, les agrandissements, etc. A ce titre, les résultats présentés par la fédération nationale des Safer sont inquiétants. La réduction de la surface agricole du pays parait s’accélérer ; la terre agricole est une peau de chagrin ; pour la première fois semble-t-il une évolution totalement divergente se manifeste entre le type d’exploitation, les terres à grandes cultures voyant leur prix augmenter et celles destinées à l’élevage se dévalorisant. C’est un effet direct de la flambée des prix agricoles, qui favorise les uns et pénalise les autres.
La question des surfaces disponibles est très difficile à résoudre. Impossible de sanctuariser de manière systématique les terres agricoles. Cela ne fonctionnerait sans doute pas. Comment, aussi, faire accepter aux agriculteurs qu’on les écarte de plus-values dont pourraient bénéficier leurs voisins non agriculteurs.
La seule solution pratique semble le perfectionnement des méthodes de zonage qui existent déjà. Aux collectivités locales, municipalités surtout, de définir le bon équilibre entre les zones urbaines, constructibles et les parcelles agricoles. Mais il y a de tels intérêts locaux en jeu qu’il faut un arbitrage de la part de l’échelon supérieur, région ou Etat. Ce qui est sûr c’est que la réforme de la PAC devrait s’accompagner en France d’une vraie réforme foncière. Car la dérégulation des productions agricoles aura un impact rapide sur les prix de tels ou tels types de terres avec d’énormes injustices à la clé. On le constate déjà.

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