La crise a du bon, ont dit un peu vite, mais non pas sans raison, les partisans d’une autre croissance ou d’un développement plus durable. En fait, la récession qu’elle nous promet en France et qu’elle provoque déjà chez nos voisins redonne des arguments aux politiques volontaristes, rappelle qu’il y a un impératif industriel et une urgence sur l’emploi si l’on veut préserver le moteur de la consommation. En matière agroalimentaire, au moment de conclure sur le bilan de santé de la Pac – et avant que le débat ne soit pollué par les questions du budget de l’Union – c’est l’occasion de revenir aux fondamentaux. Or, les 27 ministres de l’Agriculture n’y croient pas tous et, face à la Commission, Michel Barnier a du forcing à faire. Il plaide officiellement pour « la préférence européenne » et pour « la régulation », destinées à « faire face aux à-coups du marché, à compenser les surcoûts de nos exigences collectives (sanitaires, qualitatives et environnementales), à éviter la concentration excessive dans certaines zones de production et la désertification dans d’autres et enfin à enclencher le développement des agricultures des pays pauvres ».
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« Contre les théories de la main invisible du marché », la France en appellerait donc à « la main visible de l’Europe et à une gouvernance mondiale nouvelle », a dit le ministre à Coop de France. Dur programme en tout cas, qui nécessite beaucoup de pédagogie. Non seulement auprès de nos partenaires mais demain aussi auprès des Français, et de notre ministre du Budget car, prévient Michel Barnier, après 2013, la France ne sera plus bénéficiaire mais contributrice nette au budget agricole européen.