Que d’efforts pour faire la promotion de la réforme ! Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé à son thème de campagne et se remet à parler pouvoir d’achat. Deux leviers toujours, à ce stade, et qu’il veut inscrits dans la loi de modernisation de l’économie : la baisse des prix dans la distribution grâce à la négociabilité tarifaire et au renforcement de la concurrence entre points de vente. Mais légiférer dans ces domaines est toujours à haut risque. Encore faut-il que les débats parlementaires soient bien verrouillés pour ne pas risquer des couacs aussi voyants que pour les OGM. Le président a donc décidé de faire lui-même de la pédagogie au détour d’une visite chez Yoplait et d’un débat avec des commerçants de l’Isère. Et ses ministres comptent sur le rapporteur de la loi, Jean-Paul Charié, pour éviter tout dérapage au Parlement. D’où ce semblant de concession à la revendication des industriels : à défaut de contreparties ligne à ligne aux avantages tarifaires, le député UMP introduit la notion d’obligations réciproques auxquelles les parties au contrat « se sont engagées en vue de fixer le prix à l’issue de la négociation commerciale ». Que la proposition fasse consensus sur le terrain, on peut en douter mais elle est habile pour forcer la main des députés. D’autant que ceux-ci auront dans la foulée un sujet plus voyant à traiter : la fin complète des procédures d’urbanisme commercial que le rapporteur leur propose à échéance d’un an. Une façon de donner des gages au monde productif n’est-elle pas de bousculer les rentes de situation des enseignes en place ?
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