L’avenir de l’élevage bovin est, sans doute, emblématique d’une grande partie de l’agriculture française. Allons-nous vers un élevage en développement, capable de prendre sa place sur le marché européen au moins, si ce n’est sur le marché mondial, avec des prix tirés mais un soutien politique permettant de les compenser ? Ou allons-nous vers un potentiel réduit, production de grande qualité certes, assurant des prix honorables, un revenu correct, mais incapable de lutter sur le marché international, obligé de cohabiter avec des importations en provenance d’Amérique du Sud ?

À l’heure actuelle, c’est plutôt le deuxième scénario qui se profile, avec des éleveurs qui ne s’en sortent pas trop mal mais qui risquent, chaque année, de se retrouver moins nombreux faute de perspectives de développement. C’est un peu le sort des producteurs d’ovins, sauf que ni les prix ni les revenus ne sont, dans ce secteur, très gras.

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Il y a, dans le monde, une sorte de « pensée unique » qui pousse à ce scénario. Une pensée unique défendue au sein de l’OMC comme dans l’Union européenne. L’Europe se mettrait au diapason des produits mondiaux, important les aliments de base bon marché, gardant le privilège de quelques produits plus chers dès lors qu’ils sont accolés à des terroirs, dotés d’une qualité d’exception, d’un savoir faire non délocalisable.

Au fond, pourquoi ne pas accepter cet avenir ? La modernité, c’est bien de mettre de la matière grise dans les produits qui n’en intégraient pas. Mais alors, il faut l’annoncer clairement aux premiers intéressés, les agriculteurs. Il faut investir à fond dans la qualité, créer des appellations justifiées, des qualités sanitaires ou de goût qui soient inimitables. Susciter des produits qui n’aient pas besoin de droits de douane pour se défendre.