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Boissons et snacks/Stratégie PepsiCo s’interroge sur les intentions du fonds Relational Investors

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Le fonds d’investissement privé basé à San Diego vient de déclarer à la Securities and Exchange Commission, détenir au 31 mars, 8,98 millions d’actions de PepsiCo, pour un montant de 596 millions de dollars, soit 5,6% de la capitalisation boursière de la société alimentaire. Les deux fondateurs du fonds, qui compte parmi les leaders mondiaux, avec 6 milliards de dollars d’actifs gérés, Ralph Whitworth et David Batchelder, sont réputés pour ne pas être des investisseurs « dormants » dans les sociétés où ils investissent. Ils ont ainsi souvent incité les entreprises où ils faisaient leur entrée à se séparer de leurs unités les moins rentables. Un porte-parole pour PepsiCo a indiqué que la compagnie « avait des rendez-vous constructifs et réguliers avec Relational, une institution qu’elle respectait ».

Spéculations autour d’une scission
L’arrivée de cet actionnaire, qualifié par la presse américaine « d’activiste », citant la manière dont il vient d’imposer Ralph Whitworth au conseil d’administration de Hewlett Packard après être entré à son capital à la mi-novembre, relance les spéculations sur l’avenir de PepsiCo. Le groupe dirigé par Indra Nooyi traverse une période difficile. Le 26 avril, le propriétaire de 22 marques dont Pepsi Cola, Gatorade, Tropicana, pour les boissons, et Frito Lay et Quaker pour les snacks, annonçait pour le premier trimestre un chiffre d’affaires en faible hausse de 4% à 12 428 millions de dollars. N’ayant pu répercuter intégralement la hausse des prix des matières premières le résultat opérationnel était stable à 1 722 millions, tout comme le résultat net à 1 127. PepsiCo perd en outre des parts de marché face à ses deux grands rivaux sur le marché des boissons, Coca Cola et DietCoke, ce dernier lui ayant même ravi la seconde place sur le marché américain. La présidente et directrice générale a même dû annoncer fin février un vaste plan de restructuration qui verra la suppression de 8 700 emplois dans le monde sur un total de 60 000. Celle-ci exclut cependant toute idée d’une séparation des activités boissons, moins rentables, de celles plus performantes dans les snacks. Elle met en avant la progression de 15% des ventes 2011 qui ont permis de réaliser un chiffre de 66,5 milliards, soit 43% de mieux que l’éternel rival Coca Cola. L’irruption de Relational Investors pourrait relancer le débat d’autant que ce mouvement de séparation des activités est dans l’air du temps, dans l’industrie agroalimentaire, Kraft Foods en ayant déjà fait le choix et Dole Foods l’envisageant fortement.

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