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Spiritueux/Résultats Pernod Ricard de moins en moins européen

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Pernod Ricard a réalisé sur son exercice 2006/2007 un bénéfice net en forte hausse sur un an, tiré par l’Asie et l’Amérique, a annoncé le groupe français de vins et spiritueux. Le résultat net ressort en hausse de 30 % à 831 millions d’euros contre 639 millions d’euros un an plus tôt, a annoncé le groupe la semaine dernière. Ces résultats en ligne avec les attentes des analystes, voire supérieurs, n’ont pas empêché l’action Pernod Ricard de perdre aussitôt 4,37 % dans les deux jours après publication parce que les investisseurs s’inquiètent du coût des éventuelles acquisitions que fera le groupe dans le secteur de la vodka.

L’Asie/reste du monde et l’Amérique ont de nouveau été les principaux moteurs de la croissance des profits sur l’exercice », selon Pernod Ricard. Au total, ces deux zones ont généré un résultat opérationnel courant de 807 millions d’euros soit 56% des profits du groupe. Pernod Ricard, qui a « pleinement tiré partie des synergies commerciales liées à l’intégration » du britannique Allied Domecq, acquis en juillet 2005, a réalisé un bénéfice opérationnel courant en hausse de 21% à 1,447 milliard d’euros. La progression a été calculée hors mois de juillet pour les marques d’Allied Domecq qui n’étaient pas encore intégrées. Pernod Ricard avait déjà annoncé fin juillet que son chiffre d’affaires 2006/2007 avait été de 6,443 milliards d’euros, en progression de 6,2% sur le précédent. Sur la période, la marge brute est passée de 59 % à 59,8 % à taux de change constants. Si la croissance a été tirée par l’Asie et l’Amérique, « l’Europe et la France, dans un contexte d’embellie générale de la conjoncture, ont également connu un exercice 2006/2007 en forte amélioration », relève Pernod Ricard. Ce nouveau dynamisme a été généré par un raffermissement de l’activité sur de nombreux marchés, tels que la France, l’Allemagne ou l’Italie et par la poursuite d’une forte croissance sur les marchés d’Europe centrale et de l’Est (Russie, Pologne), ces deux zones dégageant ensemble un résultat opérationnel courant de 640 M EUR. La dette nette au 30 juin s’établit à 6,5 milliards d’euros, contre une dette d’ouverture après paiement de l’impôt sur les plus-values de cession de Dunkin Brands de 6,9 milliards d’euros.

Quelle vodka prendre ?

Patrick Ricard affiche toujours son intérêt pour la marque russe Stolichnaya, dont son groupe assure actuellement la distribution. Mais, a-t-il reconnu, « les négociations risquent d’être plus longues que prévu, en raison du changement récent de Premier ministre russe ». Par ailleurs, Pernod Ricard a manifesté son intérêt pour la vodka Absolut, fabriquée par la société suédoise Vin et Sprit (VetS), si sa privatisation, autorisée en juin par le Parlement suédois, « se réalise ».

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Pernod Ricard table sur une « forte croissance» pour 2007/08, après avoir augmenté ses profits annuels au cours de l’exercice écoulé grâce à ses performances en Asie, Amérique, mais aussi à ses grandes marques », a indiqué Patrick Ricard. Le groupe se déclare « confiant » tout en demeurant « vigilant à l’évolution de l’environnement ». Il anticipe « dans les conditions actuelles de marché et à données comparables », une nouvelle année de « forte croissance » de l’activité et du résultat opérationnel courant (ROC).

Le groupe a fait état d’un bon démarrage de l’exercice en juillet et en août, notamment pour ses plus grandes marques. Le groupe a assuré n’avoir « aucun problème de liquidité » et a souligné le « faible impact de la crise des marchés financiers initiée cet été sur le coût de la dette ». Les investissements publi-promotionnels se sont élevés en 2006-2007 à 1,1 milliard d’euros, dont plus de 70 % se sont concentrés sur les 15 marques stratégiques du groupe.