Le groupe français de vins et spiritueux Pernod-Ricard a vu son bénéfice net courant croître de 15% à 685 millions d’euros au premier semestre de son exercice 2008/2009. Les ventes ont augmenté de 13 % (+5 % en organique), à 4,2 milliards d’euros, tandis que le résultat opérationnel courant et la marge opérationnelle ont été respectivement de 1,196 milliard d’euros (+24 %) et de 28,4 %. Pernod Ricard a indiqué miser sur une croissance « à deux chiffres » de son résultat net courant pour l’ensemble de l’année, qui «dépassera pour la première fois un milliard d’euros». Le groupe a cependant annoncé une progression du résultat opérationnel courant « comprise entre 5 et 8 % », contre 8 % prévu jusqu’à présent.
Dans un contexte économique difficile, Pernod Ricard a enregistré un «très bon premier semestre» (clos fin décembre) de son exercice décalé 2008/09 (juillet-juin). Pierre Pringuet, directeur général du groupe, a fait état de son optimisme pour l’ensemble de l’année puisqu’il mise sur une croissance « à deux chiffres » de son résultat net courant (part du groupe) qui « dépassera pour la première fois un milliard d’euros ».
Il prévoit aussi d’alléger sa dette, qui est montée à près de 13 milliards d’euros à fin décembre, grâce à un free cash flow « proche d’un milliard d’euros » en 2008-2009 et « supérieur à un milliard » pour les exercices suivants.
Les ventes de juillet à décembre se sont élevées à 4,2 milliards d’euros, soit une hausse de 5% en croissance interne. C’est l’objectif que s’était fixé le groupe. Avec la vodka Absolut, intégrée depuis juillet, les ventes sont en croissance de 13%.
Poussée des marques stratégiques
Les 14 marques stratégiques (hors Absolut), progressent de 1% en volume et de +6% en valeur, reflétant l’impact très positif de la montée en gamme et des hausses de prix. Les marques stratégiques qui enregistrent les plus fortes croissances en valeur sont Martell (+21%, malgré une baisse de volume de 6 % lié à l’arrêt de la gamme VS), Jameson (+14%), The Glenlivet (+12%), Havana Club (+11%), Mumm (+8%), Chivas Regal (+6%) et Ballantine’s (+5%) démontrent une bonne résistance. En revanche, Malibu (+1%), Kahlùa (-7%) et Perrier Jouët (-8% en valeur, -14 % en volume) sont pénalisées par les conditions de marché et la baisse des stocks dans la distribution aux Etats-Unis. De nombreuses autres marques de spiritueux confirment leur dynamisme, notamment Ararat et Olmeca en Europe de l’Est, Wyborowa en Pologne et Royal Stag, Imperial Blue et Blender’s Pride en Inde.
Le chiffre d’affaires additionnel, lié à l’apport du portefeuille Vin & Sprit, atteint 507 M EUR sur à peine plus de cinq mois. En effet, la marque Absolut poursuit son rapide développement avec un léger repli aux Etats-Unis dû à une base de comparaison élevée (promotions), mais aussi la confirmation d’une forte croissance sur les autres marchés : Espagne, Royaume-Uni, France, Allemagne, Pologne, Italie, Brésil, Mexique,…
Fin d’année plus difficile
Toutefois, pendant les trois derniers mois de l’année, ce qui représente la période de plus forte activité du secteur, la croissance au niveau mondial a baissé à 3%, a précisé Pierre Pringuet.
Le marché américain est resté en croissance mais moins forte, et la Grande-Bretagne a connu une fin d’année « très mauvaise »
En France, la consommation « résiste bien » avec une progression entre 1% et 2%. Si les anisés, et particulièrement Ricard, ont souffert, whisky et vodka ont connu des croissances à deux chiffres.
Le groupe affirme avoir pris des parts de marché dans le champagne dont le marché est en baisse de 5%. L’Europe de l’Est « s’est bien comportée en fin d’année » mais M. Pringuet « s’interroge sur les évolutions du marché russe ». En Chine, le marché a été « très bon » et pour le nouvel an chinois, fin janvier, les ventes ont augmenté de 15%.
Pour le troisième trimestre (janvier-mars), le chiffre d’affaires, qui est toujours le plus faible de l’année, pourrait être en recul, prévient le groupe. En revanche, si le périmètre prend en compte la vodka Absolut, le chiffre d’affaires sera en croissance, a assuré M. Pringuet.
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Performances financières
A ces bonnes performances commerciales au premier semestre correspondent d’excellentes performances financières, selon le groupe dont la marge opérationnelle a atteint 28,4% tandis que le résultat net courant est en hausse de 15% à 685 millions d’euros, soit un résultat net part du groupe de 615 M EUR, en progression de 5 %.
En effet, la marge brute a progressé de 18 % à 2,5 milliards d’euros, soit 5 points de plus que le chiffre d’affaires. Y ont contribué bien sûr la croissance interne soutenue et l’intégration réussie d’Absolut, mais aussi une évolution favorable du cours des devises. Le dynamisme de l’activité, la forte progression des marges et les opportunités de gains de part de marché ont conduit le groupe à accroître encore ses investissements publi-promotionnels de +17 % à 731 M EUR.
Au total, la contribution après frais publi-promotionnels progresse de +18% à 1 772 M EUR, et représente 42,1% du chiffre d’affaires, en hausse de + 160 pdb, par rapport à l’exercice précédent.
Plus de rentabilité dans toutes les régions
Le résultat opérationnel courant progresse de +24% à 1 196 M EUR et le taux de marge opérationnelle s’élève à 28,4% du chiffre d’affaires, contre 26 % lors de l’exercice précédent.
Toutes les régions ont connu une croissance à deux chiffres de leur résultat opérationnel courant. Celui-ci a augmenté de + 23% en Asie/Reste du Monde (+ 18 % en croissance interne) du fait du dynamisme de Martell et de Ballantine’s en Chine et des marques locales en Inde.
Les effets devises et périmètre ont particulièrement renforcé la croissance du résultat de la région Amériques (+ 46%). Le chiffre d’affaires est en léger recul aux Etats-Unis (-2% en organique) sur un marché plus difficile et pénalisé par le déstockage de la distribution, tandis que l’Amérique Latine réalise un excellent semestre et que le marché canadien est en progression.
En Europe, la croissance interne du résultat a été assurée par l’Europe de l’Est (Russie, Pologne, Roumanie…) et par de bonnes progressions en Allemagne et en Suède, avec des situations plus difficiles en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie. L’apport d’Absolut et des activités de Vin & Sprit dans les pays nordiques, a permis la forte progression globale du résultat opérationnel courant (+11 %).
En France, la croissance liée aux performances commerciales de Ballantine’s, Mumm et Clan Campbell, a été accélérée par la bonne maîtrise des frais de structure et l’évolution des devises, notamment la baisse de la livre sterling.
L’évolution des devises est défavorable au niveau du chiffre d’affaires, mais favorable au niveau du résultat quand elles baissent dans les pays de production du groupe (livre sterling et dollar australien). Sur le premier semestre 2008/09, l’effet devises sur le résultat opérationnel courant atteint 29 M EUR. Enfin, et surtout, l’intégration des activités de Vin & Sprit a généré à elle seule 164 millions de bénéfice courant en plus pour ce premier semestre
Si la dette de Pernod Ricard a atteint 12,9 milliards au 31 décembre, du fait de l’acquisition de Vin & Sprit, le groupe compte dégager un free cash flow supérieur à 1 milliard par an et réaliser son programme de cession de 1 milliard d’ici 18 mois, ce qui aboutirait à un ratio sur EBITDA proche de 4 en juin 2011.