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Spiritueux/Résultats Pernod Ricard mène tambour battant l’intégration d’Allied et va distribuer la vodka Stolichnaya

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Pernod Ricard, qui vient d’absorber Allied Domecq, donnera la priorité à la réduction de sa dette et à l’intégration des marques reprises au groupe britannique, a indiqué Patrick Ricard en présentant les résultats du dernier exercice (de 18 mois) de son groupe et en annonçant aussi avoir décroché un contrat de distribution de la deuxième vodka mondiale, la marque russe Stolichnaya.

Lors de la présentation de ses résultats du dernier exercice, qui avait été prolongé de six mois pour caler ses comptes consolidés sur la période juillet-juin, le groupe Pernod Ricard était très attendu sur ce qu’il pourrait envisager à propos de l’actuelle mise en vente des champagnes Lanson et Taittinger. En l’occurence, le p.-d.g. Patrick Ricard a à la fois jeté le chaud et le froid. « Nous regardons toutes les possibilités qui se présentent sur le marché, nous l’avons toujours fait et nous continuerons, mais notre capacité à investir est réduite après l’acquisition d’Allied Domecq», a-t-il reconnu.

L’achat d’Allied Domecq en juillet pour 10,7 milliards d’euros, est « une étape stratégique décisive dans le développement de notre groupe: nos bons résultats à fin juin 2005 et les perspectives de développement des nouvelles marques reprises d’Allied Domecq me rendent confiant, a dit Patrick Ricard, dans le succès de celle-ci».

Dette moindre que prévu

« Depuis le premier jour de l’acquisition, un travail a été mené tambour battant, et nous ne sommes pas loin d’avoir intégré 50% de l’activité à travers le monde. D’ici la fin de l’année, l’intégration devrait être terminée à 100% », a affirmé de son côté Pierre Pringuet, directeur général délégué du groupe.

Fin août, la dette nette s’élevait à 8,6 milliards d’euros, soit « en dessous des 9 milliards annoncés dans le cadre de l’acquisition», en dépit d’un effet devises fortement négatif. L’objectif est aussi de réduire la dette, selon P. Pringuet.

Au premier semestre, le groupe a réalisé un bénéfice net de 157 millions d’euros, en recul de 7,2% sur celui de la même période de 2004, en raison d’un résultat négatif de -20 M EUR pour la « préparation de l’acquisition du britannique Allied Domecq ».

Pernod Ricard ayant procédé au changement des dates de prise en compte des exercices, il est trop tôt, selon le groupe, pour donner des perspectives et il faudra attendre le 10 novembre pour donner « des orientations lors de l’assemblée générale ». « Nous pouvons seulement dire que le marché français semble un peu moins déprimé qu’il ne l’a été», a indiqué le p.-d.g..

Pendant l’exercice écoulé, « les ventes ont augmenté de 9,4%, les investissements publi-promotionnels de 13,1% et le résultat opérationnel de 2,1% à 288 M EUR, soit une croissance interne de 7,9%, c’est le haut de la fourchette », a souligné

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M. Pringuet. Le résultat net courant a progressé de 4,4% à 182 M EUR (+10,3% hors effets devises) et les dirigeants s’estiment « sur une dynamique de croissance très forte».

Tous les pays en croissance sauf la France

Les 12 marques clés ont participé significativement au bon bilan du groupe, leur chiffre d’affaires étant en hausse de 11% pour une croissance de 6% en volume. Les meilleures performances ont été réalisées par Chivas (+19%), Jameson (+13%), Martell (+8%), Royal Salute (+8%) et The Glenlivet (+6%).

Les ventes ont progressé dans tous les pays y compris en Europe, sauf en France où les ventes de whisky, vodka ou rhum compensent tant bien que mal la nouvelle baisse des anis. « Mais nous n’avons pas l’intention de baisser les bras, la France restant un marché prioritaire », a affirmé M. Pringuet.

Les coûts d’exploitation sont maîtrisés (+6,5%), le groupe n’en continue pas moins de renforcer ses équipes dans les pays prioritaires (Chine, Inde...) qui enregistrent une forte croissance des ventes.

L’entreprise ne se contente pas d’intégrer « tambour battant » les marques d’Allied Domecq, il poursuit son programme de cessions promises à son allié du moment Fortune Brands : le groupe américain a déjà repris le cognac Courvoisier, le gin Larios, et fin janvier ce sera le tour de la tequila Sauza, du bourbon Maker’s Mark, de Canadian Club et des vins californiens du Clos du Bois ainsi que du whisky Teacher’s. Les candidats à la reprise de la division restauration rapide d’Allied Domecq (Dunkin Donuts, glaces Baskin Robbins et restaurants Togo) se bousculent, ont indiqué les dirigeants de Pernod Ricard : l’opération, qui pourrait rapporter entre 1,5 et 2 milliards d’euros, devrait se conclure également en janvier tandis que Bushmills a été vendu fin août pour 300 M EUR à Diageo, le numéro 1 mondial des spiritueux devant aussi reprendre une partie des vins néo-zélandais Montana. La vente du scotch Glen Grant, imposée par les autorités de la concurrence, a été confiée à BNP Paribas, a annoncé le groupe.

Rachat possible à terme de Stolichnaya

Patrick Ricard a par ailleurs annoncé avoir conclu avec SPI Group un nouvel accord attribuant à Pernod Ricard les droits de distribution exclusifs de plusieurs marques dont celle de la vodka Stolichnaya, deuxième vodka mondiale en volume après Absolut avec 2,5 milliards de caisses. Les droits de distribution que détenait Allied Domecq aux Etats-Unis et dans le reste du monde (hors Russie) reviennent au groupe français pour cinq ans moyennant une somme de 100 M EUR. Pernod Ricard a en outre obtenu un droit de préemption si SPI décidait de vendre sa marque et cette somme serait à valoir sur le prix d’acquisition.

Le groupe d’origine russe, en attendant, prévoit de réinvestir une part significative de cette somme dans le marketing et le soutien publi-promotionnel de Stolichnaya, marque qui représente pour le groupe français « une opportunité unique de pénétrer le marché des vodkas premium ».