Après son grand concurrent Diageo, le français Pernod Ricard publie un chiffre d'affaires en baisse, en raison d'une forte chute de ses ventes en Chine et d'un effet devises défavorable. Le groupe va engager un vaste programme de réduction de ses coûts.
Tout comme les autres acteurs des alcools et spiritueux, Pernod Ricard voit ses résultats et perspectives largement affectés par les ventes en Chine. Malgré tout le numéro 2 mondial du secteur résiste, même s'il revoit légèrement à la baisse ses objectifs de croissance. Lors de la présentation de ses résultats semestriels, le groupe a indiqué tabler sur une petite croissance de 1 % à 3 % de son résultat opérationnel courant (ROC) pour l'exercice 2013/14 s'achevant fin juin, contre une hausse de 4 % à 5 % attendue précédemment. Lors du précédent exercice, le ROC avait progressé de 6 %. Cette révision est largement imputable à la dégradation des ventes en Chine qui a vu les ventes du groupe fondre de 18 %.
UN CHIFFRE D'AFFAIRES PÉNALISÉ PAR L'EFFET DEVISESLe chiffre d'affaires au cours du premier semestre 2013/14 s'élève à 4 570 M€. Hors effets devises et périmètre, il est quasi-stable, avec une amélioration au deuxième trimestre (+2 %) par rapport au premier (-1 %). Compte tenu d'un effet devises très défavorable, la croissance publiée du chiffre d'affaires est de - 7 %. L'activité est essentiellement impactée par un marché, la Chine (-18 %), la zone Asie/Reste du monde progressant légèrement de 2 %, hors Chine. En revanche, la performance est bonne en France avec une progression de 6 %, où le groupe constate une reprise, tout comme dans le reste de l'Europe alors que les ventes ont fléchi sur le semestre de 2 %.
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Le taux de marge opérationnelle s'améliore de 34 points de base grâce à une stricte maîtrise des moyens. En conséquence, le résultat opérationnel courant est en croissance interne de +2 % à 1 359 M€. L'effet devises très défavorable (-112M€ sur le ROC à fin décembre) impacte la croissance faciale du résultat opérationnel courant (-7 %). A fin décembre, la dette baisse de - 102 M€ à 8,6 Mds € ce qui explique que le résultat financier courant s'améliore de 19% grâce à une baisse significative du coût de la dette à 4,6 % (contre 5,4 % au premier semestre 2012/13). Le résultat net courant part du groupe est en baisse de - 3 %. Hors effet devises, il est en croissance de +6 %. Le groupe entend poursuivre son programme d'économies, visant 150 M€ sur trois ans. Ce projet baptisé Allegro vise trois objectifs « simplification, priorisation et mutualisation », selon le directeur financier. Des rapprochements de services pourraient être réalisés et « il est possible qu'il y ait des impacts sur l'emploi » mais rien n'est décidé pour l'instant, ajoute-t-il.