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Spiritueux/Résultats Pernod Ricard a toujours soif d’acquisitions

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Le numéro 2 mondial des vins et spiritueux a réalisé pour son exercice clos le 30 juin sa meilleure croissance depuis 2007/08, dépassant les objectifs financiers annoncés, mais à l’image de nombre des industries alimentaires mondiales : une contraction de l’activité en Europe, compensée par le dynamisme des pays d’Asie, et même d’Europe de l’Est qui connaît une accélération notable. Le groupe ne cache pas son intention de procéder à des « acquisitions tactiques » pour poursuivre encore son développement.

Le chiffre d’affaires annuel s’élève à 8 215 millions d’euros (hors droits et taxes), soit une progression soutenue de +7%, qui résulte d’une croissance interne de +8%, grâce à la poursuite d’une très forte croissance sur les marchés émergents avec 17%. Plus modestement, les marchés matures gagnent 2%, mais sont en croissance pour la deuxième année consécutive. Le groupe a également bénéficié d’un effet devises favorable de 51 millions, en hausse de 1% sur l’ensemble de l’exercice mais d’un effet périmètre négatif de 1%, principalement lié à la cession de certaines activités espagnoles et néo-zélandaises en 2010/11 et canadiennes en 2011/12.
 
L’Asie, locomotive de la croissance
L’Asie/Reste du Monde, qui représente 30% des ventes est en croissance de 15% et reste le principal moteur de la croissance du groupe, avec notamment la Chine, l’Inde, le Vietnam, Taïwan et les marchés Travel Retail. La Chine connaît notamment une croissance très dynamique (+24%) tirée par Martell, les scotch whiskies, le champa-gne et Jacob’s Creek. L’Inde et le Vietnam sont également en plein essor et la croissance est très soutenue en Afrique/Moyen-Orient en progression de 12%. L’Amérique est en progression de +6% et pèse 26% des ventes totales. Aux États-Unis, la croissance accélère à +5% (vs +2% en 2010/11), emmenée par Jameson. On y notera également l’amélioration de la performance d’Absolut au second semestre. L’activité au Brésil progresse de 13%, alors qu’en raison d’une réorganisation de la filiale, le Mexique affiche un recul de -12%. L’Europe hors France ( 26% des ventes) enregistre une progression du chiffre d’affaires de +2%, avec une bipolarisation très marquée entre l’Est et l’Ouest. En Europe de l’Est, la croissance du chiffre d’affaires s’accélère notablement à +16% contre +9% en 2010/11, tandis que le chiffre d’affaires de l’Europe de l’Ouest recule de 1% soit une baisse comparable à celle de l’an dernier (-2%). Ce recul est principalement, sans surprise, imputable à l’Espagne (-4%), à l’Italie (-13%), à la Grèce (-13%) mais également au Royaume-Uni (-4%). En France, le chiffre d’affaires diminue de 1%, en raison de la baisse de consommation des spiritueux après la hausse des droits (+14% en moyenne) au 1er janvier 2012 touchant particulièrement la catégorie anis. Malgré cette hausse, certaines marques ont affiché de bonnes performances (Absolut +13% ou Havana Club +13%)
 
Record historique pour le Top 14
L’exercice est marqué par un record historique pour les 14 marques phare du groupe qui pèsent pour 60% du chiffre d’affaires, avec un effet mix-prix très favorable, tiré par Martell et les whiskies. Les volumes du Top 14, progressent de 3% et atteignent un record historique (47,2 millions de caisses de 9l), tout comme huit des marques qui le composent : Absolut (+3%), Chivas (+7%) Jameson (+15%), Malibu (+6%), Beefeater (+6%), Martell (+10%), The Glenlivet (+15%) et Royal Salute (+20%).
En valeur, un effet mix-prix soutenu de +6% permet aux marques du Top 14 de progresser de 10%. Par delà ces bons résultats des ventes, le groupe enregistre une croissance du résultat opérationnel courant de 9% à 2 114 millions d’euros, « au dessus des objectifs », tirée, là encore par les marchés émergents. Toutes les régions contribuent à cette progression, à l’exception de la France, impactée par la hausse des droits d’accises. Les pays émergents constituent un relais de croissance de plus en plus porteur pour le groupe et renforcent encore leur poids : 39% sur l’exercice 2011/12. Au total, le résultat net courant part du groupe atteint 1 201 millions, pour la deuxième année consécutive, en progression de 10% par rapport à l’exercice précédent, largement tiré par la performance opérationnelle.
 
Poursuivre des acquisitions
Pour l’exercice en cours, le groupe prend en compte un ralentissement du rythme de la croissance mondiale tant dans les pays matures que dans les marchés émergents, une situation restant difficile en Europe de l’Ouest (impact des mesures de la réduction des déficits publics) et la poursuite d’une bonne croissance aux Etats-Unis et d’une croissance soutenue dans les marchés émergents. Dans ce contexte, Pernod Ricard se dit confiant sur sa capacité à continuer sa croissance grâce à la force de son portefeuille de marques premium, la qualité de son réseau et ses positions de leader sur les marchés émergents les plus porteurs. Il parie également sur une politique d’investissement soutenu derrière les marques et marchés-clés, nourrie par un flux croissant d’innovation et la conquête de nouveaux marchés et occasions de consommation. Après avoir réduit son endettement (de 385 millions à 9 363 millions sur un an allant au 30 juin), le groupe estime désormais être en mesure de procéder à des acquisitions « tactiques », avec pour cibles géographiques prioritaires les Etats-Unis et les marchés émergents.

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