Plus gros exportateur de viande au monde, le Brésil, déjà plongé dans la pire crise de son histoire, se retrouve atteint de plein fouet dans un des secteurs-clés de son économie. Les pays se ferment les uns après les autres à la viande brésilienne, entraînant des difficultés économiques pour le secteur. La Commission européenne a demandé aux autorités brésiliennes de suspendre leurs exportations (parmi les 21 entreprises brésiliennes impliquées figurent 4 établissements agréés pour exporter vers l’UE). La viande brésilienne est exportée vers 150 pays, pour un total de 10 milliards de dollars (9,25 Mrd€) en ce qui concerne le boeuf et le poulet. "Nous nous attendons à ce que plus de 30 pays remettent en question le Brésil (comme fournisseur de viande) en raison de cette affaire", a expliqué le ministre brésilien de l'agriculture Blairo Maggi le 20 mars.
Le scandale a éclaté lorsque la police brésilienne a annoncé le 17 mars avoir découvert que des gros exportateurs de viandes avaient soudoyé les inspecteurs des services d'hygiène pour certifier de la viande avariée comme étant propre à la consommation. Ce scandale, qui implique deux multinationales brésiliennes de l'agroalimentaire, JBS et BRF, "pourrait faire dérailler la reprise économique du pays", s'est inquiété le cabinet d'analyse Capital Economics, car "le Brésil fait face à une perte potentielle d'exportations d'environ 3,5 milliards de dollars, l'équivalent de 0,2% du PIB". Au moins trente personnes ont été arrêtées et plusieurs usines de transformation de viande ont été fermées.
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La Commission européenne doit tirer les conclusions" de "l'affaire" et "cesser d'avancer tête baissée dans les négociations" et "elle doit immédiatement, exiger l'exclusion de la viande bovine de tout éventuel accord avec le Mercosur" a demandé le président de l'interprofession du bétail et de la viande Interbev, Dominique Langlois, dans une lettre adressée au secrétariat d'Etat chargé du Commerce extérieur.