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Epuration Perturbateurs endocriniens : les boues des stations d’épuration sur la sellette

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Lors d’un colloque sur les perturbateurs endocriniens le 14 septembre à l’Assemblée nationale, les boues des stations d’épurations ont été citées comme une source possible de contamination de l’alimentation par ces substances.

Les scientifiques ont évoqué les nombreuses sources de contamination de l’environnement, de l’eau et de l’alimentation par les perturbateurs endocriniens lors d’un colloque sur ce sujet organisé par le Réseau environnement Santé (RES) le 14 septembre à l’Assemblée nationale à l’invitation des députés Gérard Bapt, président du groupe Santé environnementale à l’Assemblée nationale, et Bérengère Poletti, présidente du groupe de suivi du Plan national santé environnement (PNSE).
Parmi les sources de pollutions, de nombreux pesticides mais également des médicaments humains et vétérinaires, des métaux lourds, des dioxines… qui s’accumulent dans l’environnement (eau, sol…).
L’épandage des boues des stations d’épuration participe à répandre ces substances sur les zones cultivées. Or, « on ne sait rien des transferts possibles des perturbateurs endocriniens par ces boues dans les aliments jusqu’à notre assiette », a déclaré Jean-Marie Haguenoer, toxicologue et correspondant de l’Académie nationale de pharmacie. « La capacité d’absorption des boues en oestrogènes par exemple est importante. Le risque de bio-accumulation et de bio-concentration est élevé, plus élevé que dans l’eau », poursuit Jean-Marie Haguenoer. Selon lui, les stations d‘épuration ne sont pas conçues pour arrêter ces substances.
« Pour ce qui concerne l’eau du robinet, on dispose de peu de données sur les teneurs en perturbateurs endocriniens. Pour les teneurs dans les aliments, nous avons également peu de données. Il est probable que des résidus hormonaux sont présents dans les produits animaux », a poursuivi Jean-Marie Haguenoer.

Des substances en lien avec des pathologies en pleine explosion

Les effets suspectés ou avérés sur la santé, d’abord observés sur la faune sauvage puis sur les populations humaines, sont multiples : féminisation et problèmes de reproduction, troubles de l’immunité, cancer, diabète, obésité… Des pathologies en pleine extension dans de nombreux pays. Mais l’Union européenne estime qu’elle n’a pas les preuves suffisantes pour établir une réglementation générale sur ces produits.
Depuis 2005, de nombreux pays ont lancé des programmes de recherche sur le sujet. En France, le ministère de l’Ecologie co-finance le Plan national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) avec l’Agence nationale de la recherche (ANR) et l’ANSES (ex-Afssa) qui va permettre d’étudier les expositions, les risques et dangers des perturbateurs endocriniens ainsi que les effets en cocktail. Sur le plan de la prévention, le Plan national santé environnement (PNSE 2) réserve 16 millions pour réduire l’exposition des femmes enceintes et des jeunes enfants aux produits polluants, a encore précisé Bérengère Poletti.

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