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Changement climatique Pessimisme avant la conférence de Copenhague

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La Conférence des Nations unies sur le changement climatique prévue en décembre à Copenhague ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. D’autant qu’il est peu probable que la Maison blanche soit en mesure de signer avant cette réunion la loi très attendue sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis. Les projets de texte déposés au Sénat et à la Chambre des représentants rencontrent notamment l’opposition de l’American Farm Bureau qui redoute une perte de compétitivité des agriculteurs du pays sur les marchés internationaux.

La proposition de loi sur le climat déposée le 30 septembre par les commissions compétentes du Sénat américain retient un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 3 % en 2012 et 20 % en 2020 par rapport à 2005, tandis que celle présentée trois mois plus tôt par la Chambre des représentants vise une diminution de 17 % en 2012. Elle prévoit que seuls les 7 500 plus gros émetteurs du secteur productif participent au marché d’échange de quotas d’émissions, soit 75 % des émissions de CO2 des Etats-Unis, alors que les représentants veulent mettre à contribution 85 % des pollueurs.
Après la présentation de ce projet des sénateurs démocrates John Kerry and Barbara Boxer, la coordinatrice de la Maison blanche pour le dossier climat et énergie, Carol Browner, a reconnu, le 2 octobre, qu’il était « peu probable » que le président Barack Obama soit en mesure de signer une nouvelle loi avant la Conférence de l’Onu sur le climat, en décembre à Copenhague.

Les agriculteurs américains redoutent une perte de compétitivité
Les agriculteurs américains réunis au sein de l’American Farm Bureau Federation (AFBF) estiment que les textes de loi proposés à la Chambre des représentants et au Sénat se traduiront par une forte hausse des coûts du carburant, des engrais et des pesticides utilisés par les exploitations et les « placeraient dans une situation concurrentielle désavantageuse sur les marchés internationaux par rapport aux pays qui n’ont pas des restrictions similaires pour les émissions de de CO2 ».
« Pour la prospérité future de l’économie et de l’agriculture des Etats-Unis, la législation sur le changement climatique doit être rejetée par le Congrès », affirme le président de l’AFBF.
En revanche, le secrétaire américain à l’agriculture, Tom Vilsack, a assuré que le projet de loi de la Chambre des représentants n’augmenterait les dépenses des agriculteurs que de 700 millions de dollars, soit 0,3 %, sur la période 2012-2018. Une augmentation qui serait plus que compensée par les recettes tirées d’un marché d’échange de quotas d’émissions estimée par le ministère à 1 milliard de dollars par an à court terme et 15 milliards en 2040.

« Une situation très pénible »
L’engagement qui sera pris par les Etats-Unis en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sera décisif pour l’élaboration d’un accord lors de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra du 7 au 18 décembre à Copenhague, estime-t-on à Bruxelles, où l’on regrette le manque d’ambition des négociations en cours pour préparer cette réunion. Selon le ministre suédois de l’environnement, Andreas Carlgren, dont le pays exerce la présidence de l’UE, « nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation très pénible. Jusqu’à présent, trop peu de partenaires en ont mis suffisamment sur la table. Un long chemin reste à parcourir ».
Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a d’ailleurs constaté le 5 octobre que les pourparlers préparatoires engagés fin septembre à Bangkok étaient au point mort.
Les Vingt-sept sont eux-mêmes divisés sur certains éléments du dossier, surtout la question de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et des forêts (LULUCF). A tel point qu’ils n’étaient pas en mesure de donner sur ce sujet des directives claires à leurs représentants à la réunion de Bangkok.

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