Le commissaire européen à la santé qui tente de défendre le modèle de régionalisation pour limiter l’impact sur les exportations de porc de l’UE de l’épidémie de peste porcine africaine a appelé les ministres de l’agriculture des Vingt-huit à ne surtout pas fragmenter le marché intérieur en mettant en place des restrictions aux échanges. Ce serait « se tirer une balle dans le pied », a-t-il prévenu.
Le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis a appelé les ministres de l’agriculture des Vingt-huit, réunis le 15 octobre à Luxembourg, à ne pas « se tirer une balle dans le pied » en fragmentant le marché intérieur. Il visait, sans la nommer, la République tchèque qui a annoncé, puis suspendu, la mise en place de tests sur la viande porcine en provenance des pays de l’UE affectés par la peste porcine africaine (1). Ces mesures unilatérales ne sont « pas intelligentes », car elles pourraient envoyer aux partenaires commerciaux un mauvais message selon lequel « notre système de régionalisation ne fonctionne pas », a indiqué le commissaire européen qui a, à ce sujet, rencontré la délégation tchèque en marge de la réunion. « Il est essentiel d’avoir une approche commune face à nos partenaires commerciaux », a-t-il insisté alors qu’il prépare une mission en Chine (du 5 au 10 novembre) au cours de laquelle la question de la peste porcine africaine sera bien évidemment discutée.
Une réunion informelle en décembre à Bruxelles
Vytenis Andriukaitis a par ailleurs annoncé qu’il avait convié les ministres de l’agriculture et de l’environnement de l’UE à une réunion informelle sur la peste porcine africaine le 19 décembre à Bruxelles, la veille du dernier Conseil de l’année (un Conseil environnement le 20 décembre). Le commissaire a indiqué aux ministres des Vingt-huit que les mesures de gestion à long terme de la population de sangliers constitueront un élément central de cette réunion. Il estime que des efforts sont nécessaires pour réduire la densité de la population de sangliers dans les zones exemptes de foyers de peste porcine africaine et, idéalement, dans les pays voisins, « avec une coordination efficace entre les services vétérinaires, les agriculteurs, les organismes de gestion des forêts et les chasseurs ». Vytenis Andriukaitis a rappelé le besoin de mettre en place des mesures de biosécurité, le facteur humain étant à l’origine la plupart du temps des nouveaux foyers.
La Belgique félicitée
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Une vingtaine de délégations ont pris la parole (Pologne, République tchèque, Belgique, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Estonie…), saluant pour la plupart les mesures prises par la Belgique où, selon les derniers chiffres disponibles, 79 sangliers morts de la maladie ont été découverts ces dernières semaines. L’Italie et la Pologne, notamment, ont affirmé que les mesures unilatérales étaient « injustifiées et discriminatoires ». Le Danemark et la France ont réclamé une nouvelle analyse scientifique sur la propagation de la maladie par le foin et la paille.
Les autorités belges ont mis à jour, le 12 octobre, leur dispositif d’éradication de l’épidémie. L’ancien périmètre de restriction de 63 000 hectares a été redécoupé en trois zones (noyau, tampon et d’observation renforcée) au sein desquelles les mesures sont plus ou moins strictes.
La Belgique est en train : de finaliser l’extraction des carcasses « qui sont autant de foyers de contamination », d’installer stratégiquement des clôtures (permettant la fragmentation du territoire et freinant les déplacements des sangliers) ainsi que de « réduire drastiquement la densité de sangliers pour éradiquer le virus ».
(1) Voir n° 3662 du 08/10/2018