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Etude Pesticides et médicaments dans l’eau : viser des solutions pour le long terme

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Les analyses réalisées par 60 millions de consommateurs et la fondation Danielle Mitterrand sur des eaux en bouteille et du robinet révèlent la présence de plusieurs molécules. Les concentrations retrouvées sont infimes et ces résultats ne signalent pas un danger pour la santé des consommateurs. Mais ils montrent que les ressources en eau, même les plus protégées, ne sont pas exemptes de pollutions.

Des traces de pesticides, de médicaments ou de perturbateurs endocriniens ont été détectées dans 12 eaux en bouteilles sur les 50 testées, et dans 8 des 10 prélèvements d’eau potable analysés. C’est ce que révèle l’enquête présentée le 25 mars par 60 millions de consommateurs et la Fondation Danielle Mitterrand. Ces résultats ne mettent pourtant pas en cause la potabilité de ces eaux, car les concentrations détectées sont très faibles, en deçà des normes réglementaires, pour les substances qui en disposent. En effet, les deux partenaires ont aussi recherché des substances non réglementées. Leur but est « d’alerter la société », a expliqué Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs : « Pour nous, c’est un indicateur des menaces sur l’état de la ressource en eau et de l’environnement.» En effet, a-t-il expliqué, les eaux embouteillées ne doivent pas subir de traitements de dépollution et révèlent donc directement l’état d’une nappe. « C’est ça qui nous incite à demander la tenue d’assises de l’eau. » Pour les instigateurs de l’étude, ces résultats ne sont pas un problème à court terme, mais devraient alerter les pouvoirs publics sur la protection de la ressource en eau sur le long terme. Les partenaires ont affirmé « la nécessité d’un réengagement politique sur ce sujet ».
« Il y a une vraie réflexion à avoir sur quelle attitude on doit avoir en tant que société sur la ressource en eau », a précisé Emmanuel Poilane, directeur de la Fondation Danielle Mitterrand - France Libertés. « Est-ce qu’on doit avoir une vision court-termiste qui dit : “on va trouver des solutions techniques pour améliorer la qualité de l’eau, quitte à fermer des captages” ? Ou est-ce qu’on doit avoir une stratégie de long terme qui nous permet de mettre en place des pratiques de notre société grâce auxquelles, dans 30 ans, on aura une ressource de très bonne qualité ? », a-t-il interrogé.

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