L’eurodéputé socialiste français Christophe Clergeau a interpellé, fin décembre, la Commission européenne sur sa proposition de réautoriser le fongicide 8-hydroxyquinoléine. Il dénonce une réautorisation « sur des bases scientifiques bancales, d’un pesticide reconnu comme toxique pour la reproduction ». La proposition de Bruxelles a été discutée une première fois par les experts des États membres lors de la dernière réunion du comité permanent sur les produits phytosanitaires les 4 et 5 décembre. L’autorisation en cours de cette molécule doit expirer fin 2025 après plusieurs prolongations à titre dérogatoire du fait de l’absence d’évaluation d’impact finalisée. Christophe Clergeau rappelle que ce pesticide est classé comme toxique pour la reproduction et répond donc aux critères d’exclusion de la réglementation européenne. « Pourtant, la Commission cherche à contourner cette interdiction grâce à la clause d'"exposition négligeable" permettant d’approuver des pesticides très dangereux s’il peut être prouvé de manière convaincante que l’exposition est négligeable, mais qui n’a jamais été utilisé jusqu’à présent, face à la difficulté scientifique de faire cette démonstration », dénonce l’eurodéputé.
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Et ce n’est pas le seul dossier relatif aux pesticides sur lequel, le Parlement européen va s’opposer à la Commission dans les prochaines semaines. En effet, en l’absence de majorité qualifiée entre les États membres au sein du Comité permanent (et du comité d’appel), Bruxelles devrait proposer une révision des limites maximales de résidus d’isopyrazam sans pour autant les ramener à zéro. Pourtant, ce fongicide est interdit dans l’UE depuis 2022. Le Parlement européen devrait donc, comme à son habitude, retoquer le texte. Une résolution est déjà en préparation.