Malgré une « vraie accélération » du conseil stratégique phytos (CSP), « on ne sera pas en mesure de le faire pour tous les agriculteurs », a déclaré Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, le 31 août lors d’une conférence de presse. Un changement dans le calendrier est à l’étude avec le ministère de l’Agriculture, d’après lui. Contacté par Agra Presse, le ministère n’a pas donné suite. Dans le cadre de la séparation de la vente et du conseil des pesticides, un conseil dit stratégique a été instauré par la loi Egalim, et rendu obligatoire au 1er janvier 2024 dans le cadre du renouvellement du Certiphyto, nécessaire pour acheter des produits.
En première ligne pour effectuer cette prestation, les chambres sont « en train de regarder avec le ministère comment adapter le calendrier », a indiqué Sébastien Windsor. « Un certain nombre de préfets et de Draaf ont tiré la sonnette d’alarme » face au retard constaté, selon lui. Exemple en Normandie, seuls 300 CSP ont été réalisés en 2022 et « on se mobilise pour atteindre 3 000 » en 2023, a indiqué l’élu, qui est aussi président de la chambre régionale. L’obligation de justifier d’avoir deux conseils par période de cinq ans serait revue, d’après lui.
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Une mission parlementaire sur la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires a rendu ses conclusions le 12 juillet, après avoir dressé le bilan d’une réforme qui s’avère être « un échec ». Concernant le conseil stratégique, le groupe de travail a relevé « d’importants problèmes de mise en œuvre ». Ainsi, le nombre d’agriculteurs ayant bénéficié d’un conseil stratégique « est très inférieur à ce qu’il devrait être », précise Stéphane Travert. Au total, 9 280 conseils stratégiques avaient été délivrés par les chambres d’agriculture au 22 mai 2023. 200 000 exploitations n’ont pas réalisé de conseil stratégique et risquent, dans le cadre réglementaire actuel, de se retrouver dans une impasse en janvier 2024 au moment du renouvellement des certificats phytosanitaires.