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Conférence Peu d’avancées à la conférence de Doha sur le climat

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Quelques pays représentant 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont l’UE, sont parvenus à un accord sur une seconde période d’engagement du protocole de Kyoto qui arrivait à échéance fin 2012, lors de la conférence sur le climat de Doha. Aucun programme spécifiquement orienté vers le secteur agricole n’a pu être lancé. Les travaux lors des prochaines conférences vont désormais porter sur l’après 2020.

La 18e conférence sur le changement climatique (COP 18), à Doha, s’est close le 8 décembre sur un semi-échec (1). Seule une poignée de pays – l’UE, l’Australie, la Norvège et quelques autres –, qui représente 15 % seulement des émissions mondiales de CO2, se sont engagés dans une seconde phase du protocole de Kyoto pour la période 2013-2020. Dans ce cadre, l’UE va devoir réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à son niveau d’émission de 1990. Par ailleurs, l’UE a laissé la porte ouverte à une réduction supérieure (de 30%) et les objectifs de chacun des États membres seront révisés en 2014. S’ouvre désormais une nouvelle période de négociation qui doit aboutir à impliquer un plus grand nombre de pays à partir de 2020. Ces discussions devraient se conclure à Paris en 2016, la France s’étant portée candidate à l’organisation de cette conférence.

Promouvoir la recherche agricole

Sur le volet agricole, peu d’avancées. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE ont regretté l’absence de consensus au sein de l’Organe subsidiaire des Nations Unies pour le conseil scientifique et technologique (SBSTA) pour lancer un programme de travail international sur l’agriculture. Un tel programme serait « particulièrement utile afin de promouvoir la coopération dans la recherche ainsi que pour l’élaboration, la mise en application et la diffusion de technologies, de pratiques et de processus visant à faire face aux changements climatiques, tout en tenant compte des différences de culture à travers le monde », souligne le Copa-Cogeca.
La FAO, qui a présenté à Doha son rapport sur la sécurité alimentaire et le changement climatique (datant de juin 2012), tient le même discours d’autant qu’à « mesure que les effets du changement climatique se feront sentir de manière plus prononcée, il deviendra de plus en plus difficile d’instaurer la sécurité alimentaire. Ses effets sur la production et la distribution vivrières sont susceptibles d’accroître la pauvreté et les inégalités ». « Les politiques et les programmes visant à faire face au changement climatique et ceux qui sont nécessaires à une sécurité alimentaire durable doivent être complémentaires et non indépendants », indique donc l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation qui recommande notamment que la recherche en agriculture intègre pleinement les aspects liés à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets. Dans son rapport, la FAO insiste également sur la nécessité de limiter les changements d’affectation de terres riches en carbone (principalement les forêts) en terres arables ou en pâturages qui constituent la deuxième source de rejet de CO2 dans l’atmosphère, juste derrière les émissions dues aux combustibles fossiles, alors qu’il est presque toujours plus efficace d’améliorer le rendement des terres déjà cultivées, pour réduire les émissions de GES dues à l’agriculture, que d’en étendre la superficie.

(1) Voir n° 3375 du 26/11/2012

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