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Edito Peur du gendarme

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Tous les participants ont pu, le 23 octobre, lors d'une réunion organisée par le gouvernement entre fournisseurs alimentaires et distributeurs, constater un net changement de ton chez les grandes enseignes de distribution. Plus question d'invoquer le bien-fondé des batailles de prix au nom de l'intérêt du consommateur. Le président de la fédération du commerce va même jusqu'à reconnaître que la guerre des prix est destructrice en matière de valeur ajoutée et d'emplois. S'il faut être circonspect et attendre ce que ce langage donnera dans la réalité lors des négociations commerciales, il ne faut pas faire la fine bouche.

Certains infléchissements sont sincères sans doute. Ils sont probablement aussi inspirés par une certaine « peur du gendarme ». Quand Emmanuel Macron affirme qu'il va faire intensifier les contrôles réalisés par la DGCCRF (Direction de la concurrence et des prix), lorsqu'il annonce que les deux dernières opérations de concentration chez les centrales d'achat de quatre grandes enseignes vont être analysées par l'Autorité de la concurrence, il joue indéniablement sur cette peur du gendarme.

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Elle n'aura sans doute qu'un effet temporaire. Tant que, culturellement, distributeurs, industriels et agriculteurs n'arrivent pas à se persuader que c'est ensemble qu'ils parviendront à dégager de la valeur ajoutée afin de pouvoir investir, il faudra bien recourir à cette peur du gendarme.

Dans les mois à venir, tout le monde s'accorde sur le fait que les prix des matières premières agricoles vont baisser. Cela devrait signifier moins de charges pour les éleveurs et moins de coûts pour les industriels. Les grandes surfaces vont-elles jouer le jeu et éviter d'en profiter pour que l'intégralité de ces baisses se retrouvent dans leurs prix de vente ? Ce sera un bon test pour la solidarité de filière. Hervé Plagnol, rédacteur en chef