Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine, vient d’écrire un livre intitulé Le monde a faim. Cet ouvrage publié par Bourin Éditeur, appelle à « agir maintenant » pour « éviter une catastrophe planétaire ».
Pour l’auteur, cultiver plus de terres « n’est guère réaliste ». De même, appeler de ses vœux une nouvelle révolution verte relève le plus souvent, dans les discours des politiques, de « la recherche du miracle permanent ». Par contre, le champ des biotechnologies « apparaît nettement plus prometteur », indique Philippe Chalmin dans sa conclusion. Bien utilisées, sévèrement contrôlées, les biotechnologies participeront selon lui à la résolution du problème alimentaire sans pour autant en être le seul facteur.
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Réhabiliter les politiques agricoles
Un autre facteur est la réhabilitation des politiques agricoles. « L’heure est venue de réinventer des politiques agricoles, de rétablir le lien entre l’hommme et le sol ». Il propose non pas d’investir à coups de millions d’euros « dans des complexes agro-industriels irresponsables », mais de « mettre en place des politiques de prix et l’accompagnement nécessaire à l’épanouissement d’une agriculture familiale ».
« Les questions agricoles sont passées au second plan et là où elles comptent encore, comme dans les négociations internationales de l’OMC, il ne manque pas de bons esprits pour fustiger cet archaïsme », dénonce-t-il. « Les pieds dans la terre, la tête dans des marchés mondiaux qui le dépassent, l’agriculteur de la Beauce ou du delta du Bengale mérite mieux que l’indifférence, voire la négligence qui l’ont entouré depuis une vingtaine d’années », conclut l’auteur.
Philippe Chalmin, Le monde a faim, chez Bourin Éditeur, 137 pages, 12 euros. www. bourin-editeur. fr.