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Coop de France Philippe Mangin : « Il faut reporter la réforme de la Pac »

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Déjà « sceptique » sur la réforme de la Pac proposée par le commissaire Ciolos, Philippe Mangin, le président de Coop de France, estime qu’il « faut reporter cette réforme » en raison de la crise qui secoue l’Europe et du manque de visibilité. « La gouvernance européenne est complètement en panne », constate-t-il. « Les modalités de la Pac ne tiendraient pas si la crise se confirme », avance-t-il. D’autant que des questions budgétaires liées à la crise de la zone euro risquent de remettre en cause le budget de la Pac de « de manière conséquente ».

Alors que l’Europe se trouve dans un « tel état » avec une crise majeure, il serait « hallucinant » pour Philippe Mangin, le président de Coop de France, de palabrer pendant des mois sur le verdissement des aides de la Pac. « Je trouverais ridicule que les ministres de l’Agriculture discutent de ce projet de réforme de la Pac pendant des mois », explique-t-il. En effet, « tout cela est suspendu à l’avenir de l’Europe et notamment d’un point de vue budgétaire ». Certains parlementaires européens évoquent une remise en cause du budget de la Pac de « manière conséquente », raconte le président de Coop de France. Dans ce contexte, il estime qu’il « faut reporter cette réforme » en raison de la crise qui secoue l’Europe et du manque de visibilité. « La gouvernance européenne est complètement en panne », constate-t-il. « Les modalités de la Pac ne tiendraient pas si la crise se confirme », avance-t-il. D’autant que selon Philippe Mangin, les propositions de Dacian Ciolos ne constituent pas une réforme.

Une non-réforme

« Réformer consiste à remettre en cause ce qui existe précédemment », rappelle Philippe Mangin. « Le commissaire européen s’est contenté de trouver une mesure pour satisfaire chacun des 27 pays de l’Union : un projet politique ne peut pas être que le verdissement des aides de la Pac », souligne le président de Coop de France qui précise qu’il n’est pas contre le verdissement. « Le verdissement de l’économie est une évidence ! », lance-t-il. Le problème est « qu’on n’est pas dans un débat de politique agricole mais de soutien au revenu et de répartition des aides ». « Où est l’ambition agricole européenne ? Avec quel levier pour orienter l’agriculture ? », s’interroge-t-il. « C’est un projet très décevant qui n’a aucune ambition », résume Philippe Mangin. D’autant que « la nouvelle légitimité des politiques agricoles a été affirmée au G 20 : l’agriculture et l’alimentation sont devenues un enjeu stratégique majeur pour notre planète ». Il relève que « l’Europe n’a pas fait sienne les conclusions du G20. On ne l’a pas entendue à l’issue du G 20 sur la problématique agricole ». A sa décharge, l’Europe travaille actuellement à sa survie... pas seulement agricole. 

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