Philippe Meurs, le président des Jeunes agriculteurs est déçu du manque d’ambition du bilan de santé de la Pac par rapport à la nécessité d’avoir « un tissu souple ». En clair, il plaide pour un système d’aides de type « contracyclique » sur le modèle américain. Pour l’heure, la réécriture de l’article 69 ne permettrait pas une modification annuelle des curseurs de redistribution des aides. Le système serait donc figé jusqu’en 2013.
«J’en ai marre d’entendre que le seul enjeu pour les agriculteurs au sujet du bilan de santé est de s’organiser ». Philippe Meurs, le président des JA ne mâche pas ses mots. « Je suis déçu du manque d’ambition de ce bilan de santé », a-t-il déclaré le 30 avril à l’occasion de la journée nationale de son syndicat. Il conteste le manque de souplesse et de flexibilité des solutions proposées par le ministère de l’Agriculture. La réécriture de l’article 69 n’envisagerait pas une modification annuelle des curseurs de redistribution des aides. En clair, si le cours des céréales replonge après une situation euphorique, comment faire pour adapter le dispositif de l’article 69 réécrit ? La question est ouverte. Une gestion annuelle de l’article 69 semble impossible. Pour autant, Philippe Meurs réaffirme la nécessité d’un « soutien global pour l’élevage ». « Il existe une vraie fragilité dans l’avenir de l’élevage : ceux qui s’arrêtent ne reprendront pas cette production », prévient-il.
Contracyclique
La finalité serait d’arriver à un système d’aides de type « contracycliques » à la mode américaine. Mais l’Union européenne avance que ce type de système n’est « pas OMC-compatible », souligne Philippe Meurs. En plus, « il ne peut pas se faire à enveloppe fermée », ce qui est le cas pour le budget de la Pac.
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La proposition du ministre qui concerne la généralisation du système assurantiel dans le cadre du premier pilier de la Pac est jugée « trop restrictive » pour Philippe Meurs. Tous les agriculteurs ne pourront pas rentrer dans le dispositif qu’il s’agisse d’assurance récolte, sanitaire ou même d’assurance revenu. Mais, « il faut mettre un pied dans la porte du système assurantiel », estime toute toutefois le leader des JA.