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Phytos : des « zones d’ombre » dans l’homologation

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L’eurodéputé Éric Andrieu a dressé le 14 mai un premier état des lieux des travaux de la commission d’enquête spéciale « Pest » qu’il préside au Parlement européen, mettant en avant des « zones d’ombre » dans l’homologation des phytos. Cette commission doit émettre en décembre des recommandations sur la procédure d’autorisation des pesticides. L’objectif est de « clarifier des zones d’ombre », a-t-il déclaré, après une rencontre les 7 et 8 juin avec l’Efsa et avant l’audition le 15 mai de représentants de l’industrie des phytos. Éric Andrieu propose de créer une instance de magistrats chargée d’examiner les déclarations d’intérêt des experts consultés par l’Efsa qui servent à identifier les conflits potentiels liés à leurs activités. Le député prône une harmonisation des méthodologies d’évaluation, notant des divergences entre celles de l’OMS et de l’Efsa. Autre idée, la création d’une « redevance » afin que les industriels participent au financement de la recherche publique, celle-ci étant trop « atomisée » avec des « distorsions » entre États membres en termes de moyens.

« La France doit être leader dans ce changement de paradigme nécessaire pour la santé humaine », a souligné Éric Andrieu, répétant ses propos lors d’un entretien le jour même avec Nicolas Hulot. Et de critiquer les « dérogations » qu’elle accorde aux restrictions d’usage des phytos. « Avec 58 demandes, contre une moyenne de moins de 10 dans l’UE, la France est championne des dérogations en Europe ! », a tweeté le 14 mai l’élu socialiste, se basant sur des chiffres européens de 2016. « Il faut que la France soit vigilante pour que les dérogations ne soient pas la règle mais l’exception », a-t-il expliqué. La réglementation européenne permet des autorisations de mise sur le marché d’une durée maximale de 120 jours dans des situations d’urgence phytosanitaire. L’Espagne était à 30 « dérogations » en 2016, l’Allemagne à 25, selon le tableau présenté par Éric Andrieu. « La diversité agricole (française) explique mais ne justifie pas » un tel niveau, selon lui.

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La France « championne des dérogations »