La FNSEA, la CGB et Coop de France ont livré les derniers détails de leur Contrat de solutions, qui associe désormais une quarantaine d’organisations, pour établir une « trajectoire » de réduction des phytos. Elles s’engagent à rendre compte tous les six mois des progrès réalisés, mais attendent une main tendue du gouvernement.
Quarante organisations agricoles, représentées lors d’une conférence de presse à Paris le 11 juillet par la FNSEA, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) et Coop de France, ont dévoilé les derniers détails de leur Contrat de solutions. Bâti autour de 36 fiches, il établit une trajectoire dessinée par les professionnels eux-mêmes pour « réduire l’utilisation, les risques et les impacts des produits phytosanitaires ». Alexandre Quillet, membre de la CGB et président de l’Institut technique de la betterave, précise que chaque fiche « donne une définition de la solution », et décrit « l’état des lieux, la réduction envisagée, les freins à lever, le déploiement dans le temps, et les engagements des filières ». Il promet déjà d’autres rendez-vous pour présenter des fiches complémentaires encore en cours de réflexion « Nous avons 336 pistes identifiées, et nous allons poursuivre notre travail », dit-il.
Des résultats chiffrés
L’idée avait été présentée mi-novembre, avec à l’époque une petite trentaine de volontaires pour trouver des marges de progrès sur la protection des plantes, sans rogner la productivité, la rentabilité et la compétitivité économique des exploitations agricoles. Aujourd’hui, ils sont quarante à mutualiser leurs moyens financiers et leurs connaissances scientifiques, poursuivant l’objectif « d’accélérer ce qui existe aujourd’hui ». Tous sont prêts à montrer patte blanche, en publiant régulièrement les résultats de leurs engagements. Ils promettent qu’une évaluation chiffrée des actions mises en place sera livrée tous les six mois, avec un suivi des indicateurs de déploiement des solutions. « Nombres d’heures de formations dispensées, nombre d’agriculteurs ayant adopté de nouvelles techniques, nombre d’entreprises ayant accompagné des groupes d’agriculteurs… énumère Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Les structures de développement, au premier rang desquelles les chambres d’Agriculture, auront aussi un rôle pour montrer que le déploiement est en marche. »
Les pouvoirs publics appelés à « s’engager »
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Toutes ces organisations en appelent désormais au gouvernement pour appuyer leurs efforts. « Tout ce travail, c’est notre contribution à ce que le gouvernement appelle la responsabilité des acteurs, Nous attendons le même engagement des pouvoirs publics », argue Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. « Si les pouvoirs publics décidaient de nous accompagner politiquement, financièrement, et réglementairement, je vous laisse imaginer combien nous irions plus vite, et surtout, plus loin, » étaye Alexandre Quillet. Les partenaires comptent aussi sur l’engagement des politiques pour envoyer un signe fort à la profession. Christian Pèes, vice-président de Coop de France, rappelle qu’il faudra « aller convaincre les agriculteurs que ces pratiques plus vertes ont une valeur sur le marché ». Pour lui, il n’est pas question de dire aux agriculteurs « vous allez essayer et payer les pots cassés ».
« Nous irions plus vite, et surtout, plus loin » Alexandre Quillet, CGB
La baisse des phytos « ne doit pas concerner que les pionniers » (C. Lambert)
Selon Christiane, le déploiement du Contrat de solutions nécessite un déploiement massif. Ce travail en faveur d’une réorientation de la protection des plantes « ne doit pas concerner que les pionniers » en la matière. « La majorité des agriculteurs doit s’y mettre, et adopter ces pratiques disponibles qu’ils ne connaissent pas, affirme-t-elle en promettant un accompagnement ceux qui en auront besoin. S’il y a cet effet masse, nous aurons des résultats. Dans toutes professions, il y a des leaders et des suiveurs. Notre objectif, c’est bien d’accrocher le maximum d’agriculteurs, avec un déploiement du contrat de solution via les instituts techniques, les coopératives, les organisations, les négoces, les structures de développement, les syndicats… »