Dans le cadre du Comité des solutions, les industriels ont déposé une centaine de nouveaux dossiers auprès de l’Anses, pour une autorisation ou une extension d’usage.
Le ministère de l’Agriculture a organisé, le 12 juillet, un point presse pour faire le bilan du Comité des solutions et alternatives aux produits phytosanitaires interdits, lancé au printemps. À cette occasion, la Rue de Varenne a indiqué qu’une centaine de dossiers ont été déposés, dans ce cadre, par des industriels, et sont en cours d’instruction auprès de l’Anses (agence sanitaire). Le ministère affirme avoir analysé « 262 usages sur 55 cultures », et dénombré « 778 solutions supplémentaires d’intérêt fort ou moyen » disponibles dans d’autres États-Membres de l’Union européenne. Le comité des solutions en a retenu 400 qui représenteraient un intérêt à être utilisés en France. Pour 101 d’entre elles, les industriels ont d’ores et déjà déposé un dossier à l’Anses pour obtenir une autorisation de mise en marché (AMM) ou une extension.
« La grande majorité de ces nouveaux produits seront sur le marché à court et moyen terme, c’est-à-dire un et deux ans », prévoit-on au ministère. Un prochain comité de solutions se déroulera à la rentrée. La ministre déléguée de l’Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, avait lancé, le 15 mars, un « cycle de réunions de travail » pour « trouver ou diffuser » des solutions et alternatives aux molécules d’ores et déjà interdites. Étaient conviés les représentants de la profession agricole et les acteurs institutionnels (DGAL, Anses, Inrae, Acta…). La démarche visait à « s’assurer de la concurrence loyale au sein de l’Union européenne ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Ventes stables en 2022
Trois jours plus tôt, le ministère de la Transition écologique publiait un état des lieux sur les ventes de substances actives en France, en 2022. Le chiffre s’élève à 68 000 tonnes, en ligne avec celui des dix dernières années qui est « globalement stable autour de 70 000 t », malgré des « fluctuations annuelles marquées liées aux effets climatiques et aux comportements de stockage ». Avec 7 400 t écoulées en 2022, le prosulfocarbe est la deuxième substance active la plus vendue en France. Cet herbicide utilisé en grandes cultures, connu et décrié pour être très volatil, devance désormais le glyphosate (5 864 t, en retrait de 26 % sur un an), derrière le souffre qui arrive en tête des ventes (15 541 t).
Sur la dernière décennie, les ventes de substances actives utilisables en bio et de produits de biocontrôle ont augmenté, « de 8 500 t en 2010 à plus de 24 000 t en 2022 ». À l’inverse, les ventes de phytos pour l’agriculture conventionnelle ont diminué de «-19 % entre 2009-2011 et 2020-2022 ». De même, la part de substances actives classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) passe « de 30 à 15 % des ventes » entre 2010 et 2022.