Que l’alimentation soit redevenue un enjeu stratégique mondial, cette évidence n’est pas près d’être oubliée. Même si l’on se dirige vers des récoltes record de blé et de riz la détente sur les cours sera limitée : leur volatilité durable n’empêchera pas la poursuite du cycle haussier, comme le soutient Philippe Chalmin dans le rapport Cyclope 2008. C’est dans ce contexte que vont s’enclencher ces prochains mois l’ajustement de la Pac et la relance du cycle de Doha. Le « bilan de santé » qu’a lancé la Commission est un exercice périlleux parce que certains au nord de l’Europe y voient l’occasion d’une remise en cause qui ne devait a priori pas être possible avant 2013. Pour l’heure, la France s’assure un maximum d’alliés, y compris l’Allemagne, pour empêcher ce genre de dérive. Mais la partie de bras de fer a commencé avec Londres qui accuse la Pac de provoquer des prix élevés. Et, en prenant la présidence de l’Union, la France ne sera pas forcément la plus à même de faire changer la copie de la Commission : celle-ci donne des gages aux uns et aux autres en supprimant jachère et quotas et en conservant un certain couplage des aides au secteur animal, mais reste imperturbablement sur la même ligne, inchangée malgré les évènements, depuis 2003, en supprimant une bonne part de l’intervention et les mécanismes de stockage public. Le piège se refermerait encore plus complètement si dans le même temps le négociateur européen à l’OMC avait à conclure un accord : celui que Pascal Lamy est en train de préparer divise par deux les droits de douane et de plus des trois quarts les subventions agricoles de l’UE !

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