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OGM Plaidoyer inédit de Mariann Fischer Boel

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La commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, s’est dite étonnée « que personne n’ait abordé la question des biotechnologies de façon positive », dans le cadre du débat sur le changement climatique, le 13 juillet, lors du Conseil des ministres européens de l’agriculture. « Or, les OGM sont une partie de la solution », a poursuivi la commissaire, faisant observer qu’il est nécessaire de développer des variétés résistantes.

Mariann Fischer Boel s’est dite « très préoccupée » par le problème de la contamination par « des poussières » de maïs OGM décelée ces dernières semaines dans les importations de soja américain. S’appuyant sur la parution récente d’un rapport du Centre commun de recherche de la Commission européenne, la commissaire à l’agriculture a profité du Conseil agricole pour dénoncer les blocages au sein même de l’exécutif européen sur l’instauration d’un seuil de tolérance pour la contamination par des OGM non autorisés. Une allusion directe à son homologue en charge de la santé, Androulla Vassiliou.
« J’espère que j’ai une certaine influence sur mes collègues de la Commission (…) Ce sera politiquement très difficile si on ne peut plus importer (de soja) à cause de la tolérance zéro », a-t-elle lancé. D’autant que, selon Mariann Fischer Boel, faute d’approvisionnement en fourrage suffisant, l’Union européenne observerait « une chute vertigineuse de sa production de viande (…) il faudrait alors importer de la viande qui serait produite avec des OGM, ce serait se tirer une balle dans le pied ! »

120 nouveaux OGM d’ici 2015, selon le JRC
Le Centre commun de recherche (JRC) indique, dans un long rapport sur l’impact des « autorisations asynchrones » d’OGM dans le monde que ce problème va aller croissant dans les prochaines années en raison du nombre important de nouveaux transgéniques qui seront placés sur le marchés – 120 d’ici 2015, selon ses estimations. « Il est nécessaire de revoir le seuil de la tolérance zéro, écrivent les chercheurs, et de le remplacer par un seuil de faible niveau (…) supérieur au seuil de détection technique pour qu’il soit effectif en vue de réduire l’impact négatif (des contaminations) sur les prix et sur les risques de perturbation du commerce ». Le JRC prône aussi l’instauration de tests de détection dans les ports de chargement, sans attendre l’arrivée des marchandises à bon port. Enfin, le rapport estime qu’il est temps d’avoir une approche plus flexible des lignes directrices du Codex alimentarius en matière d’OGM et d’accepter une reconnaissance mutuelle des évaluations de risques menées par les autres pays du globe.

L’accent sur la forêt et la biodiversité plutôt que sur les OGM
Lors du Conseil agricole, seule la Hongrie a soulevé le problème des OGM, insistant sur la nécessité de travailler à l’élaboration de variétés de cultures hybrides qui résistent à la sécheresse sans utiliser les OGM en raison des risques que ces derniers font encourir à la faune et à la flore des Carpates.
Plus généralement, les ministres ont accueilli avec satisfaction le document de travail de la Commission sur l’adaptation au changement climatique : « le défi pour l’agriculture et les zones rurales européennes ». Sotiris Khatzigakis, le ministre grec de l’agriculture, a mis l’accent sur l’importance de faire un usage rationnel de l’eau et de maintenir la biodiversité. Les cultures doivent s’adapter aux nouvelles conditions climatiques (hautes températures, sécheresse…) et il faut combattre au mieux les maladies qui touchent les élevages et les cultures, a-t-il plaidé en substance. Pour sa part, le Britannique Jim Fitzpatrick, a souligné que l’agriculture a un rôle vital à jouer dans le contexte du changement climatique. D’où la nécessité, selon le Royaume-Uni, d’une réforme fondamentale de la Pac, notamment pour l’entretien des biens publics et répondre aux attentes de la société. Quant à l’Allemagne, il est important, selon elle, d’utiliser l’agriculture pour fixer le CO2, recycler les déchets et faire du biogaz. Ce pays préconise de restructurer les forêts de la Communauté en prêtant, davantage que par le passé, attention aux variétés utilisées.

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