La commission de l’agriculture du Parlement européen a demandé le 7 juin que, dans les négociations de libre-échange menées par l’UE, les intérêts de l’industrie et des services ne passent pas avant ceux du secteur agricole. Dans un avis adopté par 36 voix contre 2 et 4 abstentions et destiné à la commission parlementaire du commerce extérieur, les députés soulignent également que les accords commerciaux doivent prévoir des sauvegardes pour les produits sensibles, promouvoir une concurrence équitable et protéger les indications géographiques (IG) de l’Union ainsi que ses normes de sécurité alimentaire et bien-être animal.
L’ouverture des marchés extérieurs à la production européenne, viande, produits laitiers et fruits et légumes notamment, est importante, particulièrement dans le contexte de crise que connaît l’agriculture de l’UE, reconnaissent les parlementaires, ajoutant toutefois que celle-ci ne doit pas servir de monnaie d’échange pour obtenir des concessions dans les autres secteurs. Ils demandent à la Commission de Bruxelles d’évaluer soigneusement l’impact de ses offres d’accès au marché, et d’exclure des négociations les productions qui pourraient être sérieusement affectées.
Protéger les IG et les normes
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Les députés appellent également l’UE à ne pas signer des accords commerciaux qui ne protégeraient pas les IG européennes, et la Commission à maintenir une position ferme sur ce sujet dans toutes les négociations, dont celles avec les États-Unis.
Ils demandent de même que l’UE défende ses normes élevées dans les domaines environnemental, social et de la sécurité alimentaire afin que ses agriculteurs puissent bénéficier des concessions tarifaires des pays partenaires sans être exposés à une concurrence inéquitable.
Saisie de cet avis, la commission parlementaire du commerce extérieur doit voter le 16 juin un rapport d’initiative sur une « nouvelle stratégie d’avenir novatrice en matière de commerce et d’investissement » sur lequel la plénière pourrait se prononcer en juillet.