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Etiquetage/Jugement Plaignante et accusée satisfaites de la décision sur l’appellation yaourt

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Le 16 mai 2012, Alpro Soja Nederland poursuivait l’industrie laitière néerlandaise dans une procédure en référé sur l’utilisation du mot « yaourt » et de termes dérivés tels que « variation au yaourt ». Le 30 mai 2012, le tribunal de Breda a estimé que cette utilisation n’est pas autorisée « si elle laisse suggérer que le produit Alpro Mild & Creamy (« doux et crémeux ») est un produit laitier ». À la fois l’industrie laitière européenne et la société Alpro se félicitent de la décision judiciaire sur l’appellation « yaourt »

Qui a gagné ? Qui a perdu ? Qui dit la vérité ? D’aucuns trouvent un brin curieux qu’après la décision d’un tribunal néerlandais sur l’utilisation du terme « yaourt », l’industrie laitière néerlandaise (Nederlandse Zuivel Organisatie), la plaignante, et la société Alpro Soja Nederland, l’accusée, affichent chacune haut et fort leur satisfaction, en ne retenant du verdict que les seuls éléments allant dans le sens de leurs intérêts. Toujours est-il que Alpro, leader du marché européen des aliments et boissons à base de soja, doit modifier les étiquettes de ses produits vendus sur le marché néerlandais en y soulignant clairement leur origine végétale afin de ne pas laisser croire aux consommateurs qu’ils consomment des produits laitiers.

Les industriels du lait saluent un verdict protégeant les consommateurs
L’European Dairy Association (EDA), lobby de l’industrie laitière européenne, se félicite de la décision du tribunal néerlandais de Breda. Selon Joop Kleibeuker, le secrétaire général de EDA (lui-même Néerlandais), « Alpro doit cesser immédiatement d’utiliser le terme “yaourt” et tous ses dérivés par rapport à son produit doux et crémeux (Alpro Mild and Creamy) ». Celui-ci estime qu’en tant « qu’organisation de défense des intérêts du secteur européen des produits laitiers, nous ne pouvons que saluer la décision du juge de Breda. Ce verdict constitue un précédent important et souligne une fois de plus la nécessité de mentionner des informations et des indications claires et sur les produits et sur les matériaux d’emballage et de commercialisation. Les produits laitiers sont une catégorie d’aliments spécifiques avec toute une gamme de bienfaits nutritionnels pour la santé qui ne sont pas nécessairement présents dans des solutions de rechange végétales ».

Alpro y voit une reconnaissance du droit à la concurrence
De son côté, Alpro Soja Nederland se félicite aussi de la décision du tribunal de Breda sur l’utilisation du terme « yaourt » en estimant que contrairement aux souhaits de l’industrie laitière néerlandaise, « le juge n’a pas voulu aller aussi loin et a donné des recommandations utiles pour une utilisation licite du mot « yaourt ». « Nous plaidons pour une concurrence loyale où il y aurait de la place pour les yaourts à base de produits laitiers et pour une variation au yaourt végétale à base de soja. Aujourd’hui le tribunal de Breda a jugé que cette position était raisonnable et justifiée », a expliqué Bernard Derycke, p.-d.g. d’Alpro à Gand. Ann de Jaeger, sa porte-parole, a précisé à Agra Alimentation « que l’industrie laitière néerlandaise a réclamé une injonction prohibitive pour toute utilisation du mot “yaourt” et de ses différentes combinaisons mais qu’elle n’a pas réussi dans la mesure où le juge n’a pas voulu la suivre et au contraire aurait confirmé les positions de Alpro ». À qui veut bien l’entendre, la porte-parole assure que Alpro « ne compte pas assimiler ses produits à base de soja aux produits laitiers car Alpro veut faire preuve de transparence vis à vis des consommateurs ». Selon Alpro, le juge a ainsi statué que l’utilisation du terme « variation au yaourt » en combinaison avec l’adjectif « végétal » était permise, comme par exemple dans les slogans : « Si vous aimez le yaourt, essayez alors Alpro Mild & Creamy » ou encore « Alpro a conquis le rayons des yaourts ». Selon Alpro, le juge a également autorisé la présentation de Alpro Mild & Creamy comme « une alternative au yaourt» ou « une alternative du yaourt ». N’empêche qu’au bout du compte, Alpro devra modifier ses étiquettes en explicitant clairement l’origine végétale de ses produits qui surfent sur le terme de « yaourt » afin de ne pas induire en erreur les consommateurs en leur faisant croire qu’ils consomment des produits laitiers.

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