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Grippe aviaire Plan ambitieux de vaccination en Chine

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La Chine a décidé de vacciner trois millions d’oiseaux contre la grippe aviaire, après que la souche H5N1, le virus le plus virulent, ait fait sa réapparition dans l’ouest du pays. Une mesure qui intervient au moment où, inquiets du manque de préparation face au risque de pandémie, des experts appellent à agir pendant qu’il est encore temps.

Cette campagne de vaccination en Chine a démarré au lendemain de la découverte d’oiseaux migrateurs morts dans la province de Qingjai. Des mesures d’urgence ont été décrétées par les autorités chinoises, notamment la fermeture au public des réserves naturelles, afin d’empêcher une reprise de l’épidémie, qui ne s’était plus manifestée depuis l’an dernier.

Les autorités locales ont reçu pour ordre de surveiller les oiseaux sauvages et, en cas de symptômes de grippe aviaire, d’imposer des quarantaines. Les élevages situés à proximité des itinéraires de migration doivent vacciner leurs volatiles. Et le public doit s’abstenir de tout contact avec la volaille.

Il a été demandé au pays entier de porter une attention particulière aux nouveaux cas confirmés d’oiseaux migrateurs et de prendre des mesures pour empêcher la propagation éventuelle de l’épidémie.

Nouvelle victime au Vietnam

La grippe aviaire a causé un nouveau décès au Vietnam. La victime possédait une dizaine de canards considérés comme un réservoir du virus H5N1, d’autant plus dangereux qu’ils peuvent être contaminés sans développer la maladie. Le bilan du virus en Asie s’élève au total à 54 morts dont 38 Vietnamiens, 12 Thaïlandais et 4 Cambodgiens.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé au ministère vietnamien de la santé de lui délivrer toutes les informations disponibles sur chaque cas, après qu’une enquête ait montré que les risques de transmission humaine de la maladie avaient augmenté dans le pays.

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Des experts appellent à agir pendant qu’il est temps

Face au risque d’une pandémie de grippe d’origine aviaire, des experts, inquiets du manque de préparation, appellent à agir pendant qu’il est encore temps, dans la revue scientifique britannique Nature. Une pandémie de grippe pourrait rendre malade 20 % de la population mondiale. En quelques mois, près de 30 millions de personnes auraient besoin d’être hospitalisées, un quart d’entre elles mourraient. Ce scénario évoqué fin décembre dans la revue américaine Science, « fait partie des prédictions les plus optimistes », affirment des experts du Centre médical Erasmus à Rotterdam.

L’OMS a fait état de la « possibilité que les récents virus H5N1 puissent davantage infecter les humains» et qu’ils deviennent « davantage capables d’être transmis d’homme à homme ». Ils « continuent d’évoluer et constituent une menace épidémique croissante», ajoute l’Organisation.

Dans la course contre la montre avec le virus, les efforts doivent, selon le professeur Anthony Fauci du National Institutes of Health aux Etats-Unis, porter à la fois sur la capacité à détecter le danger, comprendre comment les virus aviaires évoluent, se propagent et causent la maladie et sur les moyens de répondre en cas d’épidémie déclarée.

Il faudra plusieurs mois pour mettre au point un vaccin, une fois que le virus dangereux émergera, mais des essais sont déjà en cours à partir du virus purement aviaire connu. Une cinquantaine de pays seulement aurait, selon Nature, mis au point des plans pour faire face à une pandémie : constituer des stocks de Tamiflu, un antiviral susceptible de réduire la mortalité, fait partie de l’arsenal prévu. Le laboratoire Roche a augmenté sa capacité de production. Mais le médicament ne sera pas disponible pour tous et, souligne Nature, peu de pays parmi les plus exposés en Asie sont bien préparés.