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Rapport Plan bio 2008-2012, un bilan et des propositions pour « Ambition bio 2017 »

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La mission chargée de dresser le bilan du plan bio 2008-2012 a remis son rapport aux ministres concernés. Le futur plan bio 2013-2017 doit être présenté aux professionnels fin mai.

Évaluer le dernier plan bio (2008-2012) à la demande des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie amenait naturellement à formuler des propositions pour le futur plan bio 2013-2017, en cours de préparation. C’est bien ce qu’a fait la mission diligentée par ces deux ministres, qui a rendu tout récemment son rapport. En dressant un bilan précis et étayé du plan bio 2008-2012 et des outils mis en place, les auteurs (1) suggèrent notamment d’adopter un pilotage « plus ciblé » du plan bio, en posant des priorités. Par exemple, en faveur des aires d’alimentation de captage (à travers les aides Pac). La mission propose de mieux partager les rôles entre Etat et régions dans leurs efforts en faveur du bio. Mais aussi de limiter dans le temps les aides au maintien de l’agriculture bio en ciblant les zones où les problématiques environnementales sont les plus fortes.

Davantage d’installations, moins de déconversions

Mais le document remis insiste également sur le besoin de favoriser davantage l’installation en bio ou de fiabiliser les conversions pour éviter les déconversions, qu’il s’agisse d’échecs de conversion, ou d’abandon du bio à la suite d’une succession de l’exploitation. Ceci « ne correspond pas uniquement à la bonne gestion des deniers publics, dit le rapport, mais viserait aussi un objectif social au sens large ».
En effet, nombre de ces propositions sont guidées par la recherche d’actions les plus cohérentes et économes possible, dans un contexte de restriction budgétaire. Par exemple, la mission propose d’agir sur ce qui freine l’introduction du bio en restauration collective. Mais elle est très réservée sur l’idée (pourtant portée par le ministre) de fixer un objectif de consommation de bio dans la restauration collective d’Etat. Argument : il ne s’agit que d’une faible partie de la restauration collective, et cela aurait un coût direct. Il vaut mieux, selon le rapport, mobiliser la restauration scolaire.

Cibler les filières les plus en retard

L’analyse ne s’arrête pas, bien sûr, à chercher les pistes d’économies. Côté filières, il est suggéré d’encourager la contractualisation « là où elle est possible », notamment dans la grande distribution où une possibilité est entrouverte, jugent les auteurs. Mais aussi de mieux cibler le fonds Avenir bio, par exemple via des appels d’offres pour développer d’abord les filières les plus en retard.
Quant à la recherche, au développement et à la formation, le rapport propose de faire évoluer les modalités et organes de gouvernance de la recherche ou encore de lancer une expertise collective sur l’état de la recherche en agriculture bio, idéalement suivie d’un méta-programme de l’Inra sur ce mode de production. Ce travail, rappelle le rapport, s’est fait en parallèle des concertations régionales et des réunions nationales effectuées avec les professionnels des filières bio pour élaborer le futur plan bio. Une synthèse du futur plan bio doit être présenté aux professionnels à la fin mai, avant la publication officielle en juin.

(1) Bruno Parent, Inspection générale des finances, Marie-Laurence Martinier, du Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux et Philippe Quevremont, du Conseil général de l’environnement et du développement durable

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