Le plan de filière caprine fixe des objectifs précis pour la montée en gamme des productions (AOP, bio), mais aussi sur la stratégie d’export et la montée en puissance du bien-être animal.
Dans la synthèse du plan de filière caprine à l’horizon 2022 que s’est procurée Agra Presse le 7 décembre, le premier sujet abordé est d’améliorer l’attractivité du métier d’éleveur pour pérenniser la production. Le plan se propose d’actualiser les indicateurs technico-économiques, les supports de communication, mais aussi d’améliorer les conditions de travail et de développer des « conditions contractuelles particulières pour accompagner les installations. » Par ailleurs, plusieurs objectifs vont dans le sens d’une montée en gamme des produits. Ainsi, l’un d’eux est d’augmenter les ventes d’AOP chèvres en volumes et en valeur à raison de +2 % par an, soit +10 % en 5 ans. Cet objectif est inscrit dans un volet plus global intitulé « Transformation du positionnement marché des productions françaises ». Ce dernier inclut aussi un objectif de « maintenir le niveau de 20 % de fabrications fermières sur le total des fabrications ».
Enfin, le plan de filière rappelle que 845 élevages caprins sont en bio sur un total de 4 920, ce qui correspond à 5,7 millions de litres de lait bio livrés sur un total de 465 millions de litres. Néanmoins, dans la version du document obtenu, il n’y a pas d’objectifs d’évolution chiffrés pour le bio. Outre les objectifs de montée en gamme, la filière s’engage à favoriser les exportations vers l’UE et les États-Unis. Actuellement, l’export représente 20 % des ventes en volumes. La filière vise 27 % des ventes en volumes à l’export en 2022.
Davantage d’environnement et de bien-être animal
Dans le volet 2 intitulé « Prendre en compte les attentes sociétales », la filière caprine s’engage à ce que tous les producteurs aient fait un diagnostic sur l’empreinte environnementale d’ici cinq ans. Par ailleurs, elle s’engage à « encourager les exploitations à entrer dans une démarche de certification environnementale » en se basant sur le référentiel HVE. Par ailleurs, la filière entend « favoriser l’étiquetage de l’origine du lait qui est déjà en œuvre actuellement ». Le bien-être animal occupe une place importante du plan de filière caprine. D’ici 2022, elle s’engage à enrichir le Code mutuel des bonnes pratiques d’élevage avec des indicateurs de bien-être animal à développer. Le nouveau Code ainsi enrichi est attendu pour fin 2019 avec un déploiement possible sur le terrain entre 2020 et 2022. L’objectif est que 100 % des éleveurs soient dans ce nouveau référentiel d’ici fin 2022. Dans le volet 5 sur la R & D, le plan prévoit de lancer un travail sur la recherche d’alternatives aux hormones de reproduction et aux antibiotiques.
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Réintégrer la bûchette dans l’Observatoire des prix
S’agissant du volet sur la « transformation de la structuration de l’amont et des relations contractuelles », le plan de filière propose « une évolution forte du droit européen de la concurrence applicable à l’agriculture » considérant que la filière doit pouvoir « s’exprimer sur les volumes (gestion des volumes = gestion des prix) ». En outre, l’interprofession caprine (Anicap) s’engage notamment à « demander à l’Observatoire des prix et des marges de réintégrer la bûchette dans les produits suivis ». Enfin, le plan de filière prévoit d’instaurer un dialogue « constructif » avec les parties prenantes de la filière non-membres de l’interprofession (FCD, associations welfaristes, environnementales, de consommateurs, les représentants des 14 fromages de chèvres AOP, de la production bio – Agence bio et Fnab – et des acteurs de la recherche.)
Instaurer un dialogue « constructif » avec la distribution, les associations, les représentants bio et AOP, ainsi que la recherche