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Agroéquipement Plan de performance énergétique, une lente avancée

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L’agroéquipement reste un poste important de la consommation d’énergie dans les exploitations agricoles. Le plan de performance énergétique en agriculture, sur la période 2009-2013, vise ainsi ce secteur afin d’améliorer l’empreinte environnementale des exploitations. Un colloque sur le thème « accroître la performance énergétique et économique des agroéquipements », à Paris le 6 décembre, a ainsi permis d’exposer les avancées réalisées par les professionnels sur cette problématique.

«Dans les exploitations agricoles, l’agroéquipement représente en moyenne 25% des consommations d’énergie », indiquait Christine Fortin, chargée de mission agriculture énergie au ministère de l’Agriculture. Elle s’exprimait à l’occasion du colloque « accroître la performance énergétique et économique des agroéquipements » le 6 décembre à Paris. Un poste important dans la consommation d’énergie des exploitations qui a poussé le plan de performance énergétique (PPE) à y dédier un de ses axes.

Environnement et compétitivité, un double enjeu

Montrant que les charges liées à l’énergie dans les exploitations étaient reparties à la hausse en 2010, Christine Fortin a souligné que la hausse des cours de l’énergie pourrait affecter de plus en plus les résultats des exploitations agricoles. De plus, on constate que les consommations d’énergie vont du simple au triple dans des exploitations exerçant par ailleurs le même type d’activités. Ainsi, outre l’effort nécessaire pour préserver l’environnement, la baisse des consommations d’énergie dans les exploitations est aussi un enjeu pour leur compétitivité. L’exemple de Yves François, agriculteur en Cuma dans l’Isère, est éloquent. Selon lui, le regroupement en Cuma a permis d’innover pour réduire la facture énergétique. Ainsi, l’achat de matériel pour épandre et enfouir le lisier de porc lui a permis de réduire la facture en engrais de son exploitation. Et donc son empreinte environnementale. « Lorsque l’on sait qu’il faut trois tonnes de pétrole pour produire une tonne d’azote, on peut tirer de bons revenus en maitrisant ses charges », a expliqué Yves François. Autre bienfait de l’achat en commun de matériel difficile à acquérir seul, la montée en gamme. Ainsi, l’achat d’un pulvérisateur guidé par satellite au sein de la Cuma de Yves François a permis des économies en optimisant les doses apportées et en évitant les doublons lors des passages en tracteurs.

Des mesures encore trop peu appliquées

Sur la première phase du PPE (2009-2013), les fonds ont servi, notamment, à réaliser des diagnostics gaz à effet de serre (GES) sur les exploitations. Cependant, si l’objectif, fin 2012, était de 100 000 diagnostics réalisés, ce chiffre tournera davantage autour des 12 à 15 000. Par ailleurs, le PPE a financé des soutiens à l’acquisition d’équipements économes en énergie, comme sur les bâtiments d’élevage, ou à la production d’énergie renouvelable, comme les méthaniseurs. « Sur les trois premières années le PPE a financé 6500 projets, dont 130 liés à la méthanisation », a indiqué Christine Fortin. Elle a aussi souligné que désormais 500 conseillers agricoles sur le territoire étaient habilités à réaliser des diagnostics énergétiques sur les exploitations. Des incitations à la formation aux conduites économes d’engins agricoles et à la mutualisation du matériel ont aussi étaient données par le PPE. Enfin, afin de décliner ces incitations au niveau des attentes environnementales régionales, Christine Fortin a annoncé qu’en 2013 les régions, via les Draaf (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), pourraient allouer comme elles le souhaitent les enveloppes PPE.

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