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Viande/Crise Plan de restructuration douloureux pour Gad

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Faute d’avoir put trouver un repreneur, la société d’abattage et de découpe de porcs Gad SAS a dû présenter le 28 juin à Rennes, siège du groupe, un plan de restructuration de l’entreprise qui nécessitera un plan de sauvegarde de l’emploi pour accompagner la perte de près de 900 des 1 562 emplois du groupe. Le site de Lampaul-Guimiliau sera fermé, tout comme celui de Saint Nazaire, mais celui de Josselin sera préservé.

Suite au placement en redressement judiciaire le 27 février par le tribunal de commerce de Rennes, avec une période d’observation fixée jusqu’au 21 août, la décision d’une vaste réorganisation de la société Gad était attendue depuis longtemps et la fermeture d’un site de production semblait inéluctable. La seule inconnue était de savoir lequel serait épargné. L’annonce a finalement été faite le 28 juin : l’activité abattage/découpe de Lampaul-Guimiliau (Finistère), soit près de 800 emplois sera arrêtée et serait transférée sur le second abattoir à Josselin (Morbihan, plus de 600 salariés) où 343 emplois pourraient être créés. Le site pourrait ainsi voir sa production d’abattage passer d’entre 23 ou 25 000 porcs par semaine actuellement à 32 000 têtes. Le plan projette aussi de fermer le site de fabrication de produits élaborés de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) où travaillent entre 64 (selon une source proche de la direction) et 80 salariés (syndicats), et le siège du groupe à Saint-Martin-des-Champs (Finistère) avec 54 salariés. Si le tribunal valide le 21 août prochain ce plan, les fermetures pourraient être effectives dès le début de septembre.
 
Une dette trop lourde
Le groupe coopératif Cecab, actionnaire majoritaire, avait multiplié depuis de longs mois les efforts pour tenter un repreneur pour l’entreprise. Sans succès, car la société nettement en surcapacité de production ne cessait de perdre de l’argent et aurait accumulé une dette de 100 millions d’euros. Ce plan de continuation est d’ailleurs conditionné à l’écrasement de la dette du groupe et à un maintien de l’engagement de l’actionnaire minoritaire et fournisseur Prestor pour l’approvisionnement en porcs. Direction et représentants du personnel doivent se rencontrer à nouveau en CCE le 11 juillet pour discuter du projet de plan de continuation. Pour Patrick Piguel, délégué syndical CFDT à Josselin « le plan de continuation devra assurer la sécurisation des approvisionnements, prévoir des investissements et améliorer la commercialisation, ce dernier point pêchant depuis de nombreuses années ». Il redoute que la fermeture d’un site ne soit pas suffisant pour régler les difficultés de la filière porcine qui doit être restructurée dans sa globalité. Reste à savoir si les organisations de salariés demanderont ou non la désignation d’un expert pour analyser ce plan, ce point n’étant toutefois pas encore inscrit à l’ordre du jour de la réunion. Les collectivités locales qui se sont largement impliquées dans le dossier, ayant même annoncé par voie de presse la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau, avant que la direction ne le fasse, pourraient présenter un projet de reprise, en s’appuyant sur un partenaire industriel, dont le nom n’est pas encore connu.

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