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Pesticides Plan Ecophyto 2018 : des résultats contrastés selon les filières

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Entendue au Sénat par la mission commune d’information sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement, Emmanuelle Soubeyran, chef de service à la Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture et chef de projet du plan Ecophyto 2018, a émis quelques réserves quant à une réussite totale du plan visant à réduire de moitié l’usage de pesticides avant 2018.

«Atteindrons-nous nos objectifs en 2018 ? Peut-être pas dans toutes les filières, mais nous avançons », a annoncé le 6 mars la chef de projet du plan Ecophyto 2018 au ministère de l’Agriculture, Emmanuelle Soubeyran, lors de son audition par les sénateurs de la mission commune d’information sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement, lancée le 14 février. « Quoi qu’il en soit, le ministère n’a aucunement l’intention de revoir ses ambitions à la baisse : ce serait un mauvais signal à l’intention des agriculteurs », a-t-elle ajouté. Ce plan Ecophyto 2018, issu du Grenelle de l’environnement et qui ambitionne la réduction de moitié de l’usage des produits phytosanitaires avant 2018, prévoit aussi la mise en œuvre de méthodes alternatives aux pesticides au sein de fermes-pilotes – il peut s’agir de méthodes agronomiques, de produits de biocontrôle, comme la confusion sexuelle avec des phéromones en vigne, l’enherbement etc., a décrit Emmanuelle Soubeyran. « L’idée est d’emmener l’ensemble de la ferme France vers la réduction, mais nous n’atteindrons pas l’objectif de zéro pesticide ». D’ores et déjà, le dispositif a montré des niveaux d’avancement « variables » selon les fermes. Et, premiers résultats globaux sur la période de 2008 à 2010, « l’indicateur Nodu (Nombre de doses unités) qui mesure les quantités vendues et non utilisées, a augmenté de 2% ». Par ailleurs, pour les substances les plus toxiques, la baisse est de 87%... Mais ce résultat s’explique essentiellement, a précisé Emmanuelle Soubeyran aux sénateurs, par des interdictions au niveau communautaire : « En quinze ans, avec le durcissement des règles d’évaluation des produits phytosanitaires, le nombre de substances autorisées est passé de 900 à 250. Le Grenelle a en outre décidé le retrait de substances actives en 2008 puis en 2010 ». L’accent sera à l’avenir mis sur les herbicides « qui représentent  50% du Nodu et dont l’utilisation est en hausse : ce sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain comité d’experts ». Une évaluation du plan sera d’ailleurs réalisé à mis parcours, en 2014.

Fin des auditions en juin
Les auditions de la mission d’information sur les pesticides et leur impact sur la santé se poursuivront jusqu’en juin au Sénat. Guy Paillotin, le secrétaire perpétuel de l’Académie d’agriculture, Jacques My, le directeur général de l’Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces publics (UPJ), Marc Mortureux, le directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Pierre Jouannet, membre de l’Académie nationale de médecine, Franck Wiacek, directeur à l’Institut du végétal (Arvalis), Pierre Lebailly, chercheur à l’Université de Caen-Basse-Normandie et responsable du programme Agriculture et cancer (Agrican) ont été entendus le 22 mars. Leur audition devrait faire l’objet d’un compte-rendu sur le site du Sénat les jours suivants. Un rapport sur l’ensemble de ces travaux paraîtra fin septembre. Autre résultat attendu : les conclusions d’une étude de l’Inserm sur l’utilisation des produits phytosanitaires seront rendues à la fin de ce semestre.

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