« Le ministère de l’Agriculture nous l’a clairement dit : la France n’a pas l’intention d’être bonne élève par rapport à ce qui sera acté dans le cadre européen », a indiqué Aurélie Catallo, coordinatrice de la plateforme Pour une autre Pac, lors d’une conférence le 11 juin.
Les échanges sur le Plan stratégique national (PSN), rappelle-t-elle, ont été décalés, comme tant d’autres processus, par la pandémie du coronavirus. Difficile, pour l’heure, de savoir quel sera le nouveau calendrier pour le ministère. « Au début, on espérait que le travail reprendrait fin juin, mais ce sera sûrement à partir de septembre », prévoit Aurélie Catallo.
Les échéances sont donc encore floues, mais la ligne se précise. Sur le volet environnemental, si ses négociations échouent à Bruxelles, le gouvernement n’ira pas plus loin que le cadre qui sera fixé par les 26. « Au niveau européen, la France défend une ambition supérieure à celle des États membres », souligne toutefois Aurélie Catallo.
Par ailleurs, l’Inrae aurait été sollicité par le ministère durant le confinement pour venir alimenter la réflexion française. « Il y a une vraie volonté de travailler sur de véritables paiements pour services environnementaux, avec des services reconnus », a confié Christian Huygue, directeur scientifique Agriculture au sein de l’Inrae.
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Pour lui, le débat européen ne s’attache malheureusement pas au fond du problème : la définition d’une politique agricole réellement favorable à la protection de l’environnement. « On passe le temps à se battre sur les instruments, alors qu’il faut construire une vision », regrette Christian Huygue. Une vision qu’il imaginerait, pour sa part, centrée sur la structure des paysages agricoles, « la grande perdante » de ces négociations.
Le Green deal changera-t-il la donne ? Si la Commission européenne a annoncé ne pas vouloir revenir sur son projet de Pac post-2020, Éric Andrieu, eurodéputé socialiste, continue d’estimer pour sa part que si le premier projet n’est révisé avec ces nouveaux objectifs, Bruxelles prend « le risque d’avoir une réforme qui ne répond pas aux objectifs des stratégies Biodiversité et Farm 2 Fork ».
« Au niveau européen, la France défend une ambition supérieure à celle des États membres »