En 2008/2009, Jean-Paul Bigard, président du groupe de viande familial qui porte son nom, obtenait de racheter 61% du capital de Socopa, le géant coopératif de la viande. A l'époque, l'acheteur comme les cédants promettent : il n'est pas question de réduire le potentiel coopératif puisque les abattoirs resteront approvisionnés par les adhérents de la coopérative. On sait ce qu'il en est : Bigard, et il n'est pas le seul, se moque aujourd'hui comme d'une guigne de ses fournisseurs ; l'industriel, comme bon nombre de ses concurrents, laisse le marché de la viande en amont, se dégrader, répugne à engager une véritable stratégie à l'exportation hors d'Europe qui pourrait aider à rééquilibrer ce marché où pèsent, lourdement, les vaches laitières de réforme. En clair, Bigard se développe malgré, ou contre les éleveurs. Avant de céder leurs coopératives à des structures non coop, les agriculteurs auraient peut-être à se poser des questions essentielles. Certes, il est vrai, le secteur laitier l'a montré, que les structures coopératives ne sont pas toujours les plus vertueuses. Mais au moins ont-elles un engagement de collecte.
Bigard fait-il partie de ceux qui ont fait des promesses de revalorisation des prix, le 17 juin chez Stéphane Le Foll ? La question n'est même plus là puisque ces promesses n'ont pas été tenues.
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Pendant ce temps dans le domaine laitier, certains collecteurs sont en chômage technique parce que les vendeurs de lait de consommation vont acheter leurs matières premières hors de France. En témoigne la hausse des importations de lait de consommation de 63% sur mars-avril 2015 par rapport à la même période en 2014 ! A ce petit jeu, les transformateurs, qu'il s'agisse de viande ou de lait, risquent de savonner la planche sur laquelle ils sont censés pouvoir s'appuyer. Ils croient gagner aujourd'hui mais ils perdront demain.