Auditionné à l’Assemblée, le secrétaire général à la Planification écologique a salué les négociations en cours avec le secteur agricole. Des premiers indicateurs de répartition de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont été présentés le 12 juillet.
Le secrétaire général à la Planification écologique Antoine Pellion s’est réjoui des « discussions [qui] sont assez constructives avec le secteur agricole » le 19 juillet, devant la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale. M. Pellion était auditionné sur les grands axes du plan de planification écologique, distillé goutte à goutte ces dernières semaines par les services de la Première ministre Élisabeth Borne. « Quand on dit que, dans le monde de demain, on a besoin de plus de puits de carbone et de plus de biomasse, ce qu’on dit concrètement, c’est qu’on a besoin de plus d’agriculture, mais […] profondément transformée dans sa façon de faire », a-t-il déclaré devant les députés. Il a reconnu qu’il y a « une montagne à franchir en matière de changements », faisant référence à plusieurs « indicateurs » qui permettront de suivre les avancées jusqu’en 2030.
Premiers indicateurs
D’après un document publié par le SGPE le 12 juillet (y voir notamment le tableau récapitulatif), le gouvernement vise une baisse de 13 Mteq CO2 pour le secteur de la production agricole (via le volet Mieux se nourrir de la planification) en agissant sur les « leviers » ou « indicateurs » suivants : augmenter la part de SAU cultivée en légumineuses (-2 Mteq CO2), réduire la consommation d’engrais minéraux azotés (-4 Mteq CO2), réduire les émissions des machines agricoles (-2 Mteq CO2) et réduire les émissions issues de l’élevage (-5 Mteq CO2). Concernant l’élevage, « il y a une cohérence à avoir avec la question de l’évolution de l’alimentation des Français qu’il faut accompagner », a souligné Antoine Pellion. « Du coup il ne faut pas être naïf, a-t-il ajouté. Il ne faut pas que la conséquence de notre plan d’action aboutisse à une augmentation de la viande importée. On se battra contre ça. »
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D’autre part, le gouvernement vise une baisse de 25 Mteq CO2 pour le secteur de la biomasse et des puits de carbone (volet Mieux préserver). Il prévoit notamment d’agir sur l’indicateur prairies « en incitant à un moindre retournement des sols » (-2 Mteq CO2). Il prévoit aussi d’agir sur le levier des haies (-2 Mteq CO2) grâce à l’entretien des haies existantes et la plantation de « +5 000 km linéaires par an de nouvelles haies ». De plus, le SGPE veut « multiplier par deux les surfaces de couverts intermédiaires ».
Plus largement concernant les énergies renouvelables, Antoine Pellion a indiqué aux députés vouloir explorer davantage le « gisement » de la chaleur fatale et de la géothermie. « On s’est beaucoup focalisé sur la géothermie de profondeur, je pense qu’il y a tout un développement de géothermie de surface à avoir, qui peut être une bonne substitution pour les solutions de chauffage », a-t-il déclaré. Un sujet qui intéresse notamment les producteurs de tomates et autres légumes sous serre.