Le syndicat FGA-CFDT juge sévèrement les engagements environnementaux et sociaux pris par les filières dans les plans issus des États généraux de l’alimentation. Son secrétaire général, Fabien Guimbretière, souhaite que les organisations de salariés soient plus impliquées dans les discussions.
Des plans de filières qui font peu de cas de la prise en compte des « préoccupations environnementales et sociales » tel que l’avait appelé Emmanuel Macron dans son discours du 11 octobre 2017 à l’issue des premiers ateliers des États généraux de l’alimentation ? C’est ce que semble penser la FGA-CFDT. Dans un document commenté lors d’une conférence de presse donnée lundi 12 février, l’organisation syndicale s’est livrée à un exercice d’évaluation de certains plans de filière « en se basant sur la triple performance que doivent atteindre nos filières alimentaires : économique, environnementale, sociale ».
Constat à la clé : si au niveau économique « une stratégie partagée de montée en gamme » semble clairement se dessiner, « on a le sentiment que l’environnement et la partie sociale sont traités à la marge », comme le résume Betty Hervé, secrétaire nationale du syndicat en charge de la prospective et des stratégies économiques. Le syndicat regrette d’ailleurs de « ne pas avoir été convié à l’élaboration » de ces plans et dénonce d’une manière générale le manque d’implication des organisations syndicales de salariés dans les discussions. « Bien qu’ils n’aient pas été associés à l’élaboration de ces plans, les salariés et leurs organisations syndicales sont acteurs des filières », rappelle-t-il.
Des engagements environnementaux contrastés
Le constat diffère selon les plans. Sur le volet environnemental et la transformation agroécologique du modèle productif, le syndicat semble voir d’un œil plutôt positif les filières veau et viande, notant pour la première « que l’accent est clairement mis sur l’évolution des pratiques » avec « un ensemble cohérent et mesurable » de mesures, notamment la réduction de l’usage des antibiotiques, l’alimentation sans OGM et la diffusion d’un nouveau référentiel technique.
Dans le cas de la viande « la montée en gamme envisagée s’appuie largement sur le développement de pratiques agroéconomiques » prenant en compte « les impacts environnementaux et le bien-être animal » avec un « engagement fort avec des objectifs clairs et ambitieux : très positif », note la FGA-CFDT. Pour le lait, l’organisation juge au contraire que malgré un état des lieux « positif », il y a « peu d’engagements nouveaux et d’objectifs d’amélioration » au-delà de la ferme laitière bas carbone. Idem pour les céréales ou les engagements sont jugés « lointains » et sans véritable « remise en cause du modèle », ou pour les fruits et légumes où « les objectifs de réductions d’intrants semblent limités » malgré « d’importants engagements des producteurs en certification environnementale ».
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Les salariés absents de la performance sociale
Sur le plan social, le syndicat s’étonne d’abord que « tout ce qui avait été fait auparavant en termes de plans de filière ait été oublié », notamment les accords issus du contrat de filière alimentaire signé en 2013, qui comprenaient la nécessité « d’engager des travaux sur la qualité de vie au travail et la prévention des risques professionnelles ».
Autre constat : alors que la plupart des filières n’hésitent pas à mettre en avant le nombre d’emplois qu’elles représentent, il y est peu question des salariés et d’évolution professionnelle. Et quand la plupart d’entre elles évoquent une nécessaire « évolution des pratiques » et un besoin de « concertation », c’est avec des « ONG de bien-être animal » ou les « organisations de consommateurs ou environnementalistes ». Ce qui pour le secrétaire général du syndicat rend d’autant plus nécessaire la présence des organisations de salariés : « On doit faire partie du débat en tant que première organisation syndicale, a ainsi répété Fabien Guimbretière, il nous a déjà fallu jouer des coudes pour être présent aux États généraux de l’alimentation ». Il appelle d’ailleurs à être « enfin reçu » par le ministre de l’Agriculture.
Le syndicat semble voir d’un œil plutôt positif les filières veau et viande, il est plus critique pour les filières lait et végétales
« On doit faire partie du débat en tant que première organisation syndicale »