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Plastiques à usage unique : la filière botte en touche

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Déchets > Suite aux propositions de la Commission européenne pour combattre la pollution par les déchets plastiques, les transformateurs et les détaillants de l’UE préconisent à l’UE d’adopter une approche plus globale et plus partagée entre toutes les parties prenantes pour combattre ce phénomène « au lieu de demander toujours aux mêmes de prendre leurs responsabilités ».


Réagissant aux propositions de Bruxelles pour lutter contre la pollution de l’environnement par les plastiques, FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie agroalimentaire de l’UE, a indiqué que le secteur européen de l’alimentation et des boissons s’est engagé depuis belle lurette « à intensifier les efforts visant à améliorer l’utilisation, la réutilisation et le recyclage des plastiques ». Il rappelle que « de nombreuses organisations du secteur de l’alimentation et des boissons ont déjà pris des mesures importantes pour trouver des moyens nouveaux et novateurs d’aborder la question de l’utilisation du plastique ou, par exemple, s’efforcer de parvenir à des emballages 100 % réutilisables, recyclables ou compostables d’ici 2025 ou plus tôt ». FoodDrinkEurope estime que la prévention des déchets sauvages devrait être la pierre angulaire d’une approche politique européenne et que, pour cela, « il serait plus avisé d’adopter une approche globale, partagée et holistique en matière d’éducation des consommateurs, d’infrastructure et d’application de la loi au lieu de se limiter à demander aux États membres d’établir cette approche dite de Responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les emballages » (1). Il rappelle que la directive-cadre sur les déchets récemment révisée et la directive sur les emballages et les déchets d’emballage « comprennent déjà des outils efficaces pour atteindre ces objectifs, y compris la REP pour les emballages ».
 

Le secteur de la distribution en remet une couche

Le secteur de la distribution européenne y est allé aussi de son plaidoyer. EuroCommerce, le porte-voix des détaillants de l’UE, a indiqué que le secteur n’a pas attendu les initiatives de la Commission pour prendre des mesures proactives pour réduire sa dépendance à l’égard des plastiques en encourageant par exemple les clients à collecter et à retourner leurs déchets plastiques ou encore en augmentant sa part de produits recyclés et de sacs de transport en plastique renouvelable. Rappelant que le secteur de la distribution se situe à mi-chemin entre les producteurs et les consommateurs, EuroCommerce soutient que la collecte, le recyclage et le nettoyage des déchets plastiques « ne peuvent pas être de sa seule responsabilité » et s’interroge même sur le caractère pratique et l’impact de certaines des mesures proposées par Bruxelles. Le directeur général d’EuroCommerce, Christian Verschueren, a déclaré à ce propos : "La responsabilité élargie des producteurs ne doit pas signifier que les supermarchés finissent par devenir des collecteurs de déchets. Nous pouvons agir en tant que catalyseur d’un comportement durable pour nos millions de clients, mais d’autres acteurs, y compris de nombreuses industries et le gouvernement, doivent également intervenir".

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Ce que propose Bruxelles pour réduire les déchets plastiques à usage unique

Pour combattre la pollution marine par les déchets plastiques, la Commission européenne a proposé, ce 28 mai, de cibler les dix produits en plastique à usage unique les plus présents sur les plages et dans les mers européennes. Les mesures à appliquer seront différentes en fonction des produits visés. Dans les cas où des solutions de remplacement sont facilement disponibles et peu coûteuses, les produits en plastique à usage unique seront exclus du marché. Seront concernés les bâtonnets de coton-tige, couverts, assiettes, pailles et bâtonnets mélangeurs pour boissons ; tous ces articles devront désormais être produits uniquement à partir de matériaux plus durables. Les récipients pour boissons à usage unique fabriqués à partir de plastique ne pourront être mis sur le marché que si leurs bouchons et couvercles demeurent attachés au récipient. Pour les produits qui ne peuvent être directement remplacés, les États membres devront réduire l’utilisation des récipients alimentaires et gobelets pour boissons en plastique. Ils pourront par exemple définir des objectifs de réduction au niveau national, proposer des produits de substitution au point de vente ou faire en sorte qu’aucun produit en plastique à usage unique ne puisse être fourni gratuitement.

En ce qui concerne les obligations des fabricants, Bruxelles propose que ceux-ci prennent en charge une partie des frais de gestion et de nettoyage des déchets et des coûts liés aux mesures de sensibilisation concernant les récipients pour aliments, les sachets et emballages (par exemple pour les chips et les sucreries) et les récipients et gobelets pour boissons. Des mesures inciteront l’industrie à mettre au point des solutions de remplacement moins polluantes pour ces produits. Les États membres devront par ailleurs atteindre un objectif de collecte de 90 % pour les bouteilles pour boissons à usage unique en plastique d’ici à 2025, en mettant en place, par exemple, des systèmes de consigne. Certains produits devront faire l’objet d’un étiquetage clair et normalisé indiquant le mode d’élimination des déchets, les effets néfastes du produit sur l’environnement et la présence de matières plastiques dans les produits. Enfin, les États membres seront tenus de sensibiliser les consommateurs aux effets néfastes des dépôts sauvages de déchets de produits en plastique à usage unique ainsi que sur les systèmes de réutilisation et les solutions de gestion des déchets qui s’offrent pour ces produits.

roche qui étend la responsabilité du producteur pour un produit au-delà de sa portée actuelle (santé et sécurité des travailleurs, sécurité des consommateurs et coûts de production) pour inclure également la gestion de l’emballage de son produit après son utilisation par les consommateurs.