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Interprofession Pluralisme : Bruno Le Maire se pose en « facilitateur » du dialogue syndical

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La première réunion entre les syndicats agricoles représentatifs laitiers s’est tenue à l’initiative et en présence du ministre Bruno Le Maire, le 18 octobre. Une réunion « fondatrice », selon la formule du ministre, qui a permis une sortie de crise aux cinq semaines d’occupation de l’interprofession laitière par la Confédération paysanne, pour forcer son entrée. Pourtant, le pluralisme syndical, principal sujet de crispation, n’a été relégué qu’en « toile de fond » de cette réunion par le ministre. Même si Henri Brichart, le président de la FNPL et de l’interprofession, a dit « qu’aucun sujet n’était tabou », les deux prochaines réunions programmées en novembre se concentreront sur deux points : la contractualisation et la gestion des volumes par bassins de production.

Le pluralisme syndical dans les interprofessions agricoles est un sujet extrêmement délicat. Pour preuve, « des ministres s’y sont cassés les dents », a avoué Bruno Le Maire, le 18 octobre. Et, en ces temps de remaniement gouvernemental, le ministre n’a aucune envie d’y casser… sa carrière politique. Après 5 semaines d’occupation par la Confédération paysanne de l’interprofession laitière pour en forcer l’entrée, le ministre a proposé comme « sortie de crise » une réunion entre l’ensemble des syndicats agricoles représentatifs (FNPL, Confédération paysanne et Coordination rurale), au ministère de l’Agriculture, pour évoquer les grands dossiers laitiers (contractualisation et gestion des volumes par bassins)… mais pas celui du pluralisme. « J’ai refusé que cette question soit un préalable », a-t-il expliqué avant d’ajouter que ce sujet « était évidemment en toile de fond ». Cette première réunion qui s’est tenue le18 octobre – qualifiée de « fondatrice » par un ministre qui se pose en « facilitateur » de dialogue – laisse évidemment les syndicats minoritaires sur leur faim.
« C’est un bilan en demi-teinte », admet Philippe Collin, le porte-parole de la Confédération paysanne, qui veut encore y croire. « Ce cycle de discussion nous amènera évidemment à poser des questions sur le rôle de l’interprofession et sur son impact » dans la situation des éleveurs. Une question est sur la table : la CVO et sa reconduction pour l’année 2011.

Porter des positions communes
Henri Brichart, le président de la FNPL, juge « qu’en soi, le sujet de l’ouverture des syndicats minoritaires n’est pas tabou mais n’est pas le sujet d’urgence ». Pour le syndicaliste, « les producteurs ont tout intérêt à discuter ensemble et à porter des positions communes. Ce dialogue nous intéresse ». « Le point de sortie » de cette série de réunions (dont deux sont prévues les 9 et 23 novembre) est programmé pour début 2011. « Le train avance tout doucement », a commenté François Lucas, le président de la Coordination rurale à l’issue d’une heure et demie de réunion. Un train qui n’est pas certain d’arriver au bout du périple amenant le pluralisme dans les interprofessions. Mais, pour l’heure, ce n’est pas sa feuille de route.

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