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Manifestation Plus de 1 000 tracteurs à Paris le 27 avril

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Ce qui au départ devait être une manifestation « céréalière » dont le mot d’ordre avait été lancé notamment par la FRSEA Ile-de-France en contestation du bilan de santé de la Pac, devient un mouvement qui prend de l’ampleur. Pas moins d’une quinzaine de FRSEA sont mobilisées pour faire converger vers Paris plus de 1 000 tracteurs et 5 000 manifestants, le 27 avril. La FNSEA n’appelle pas à cette action mais la soutient. Les revendications vont de l’amélioration de la gestion des marchés agricoles, à la réduction des contraintes réglementaires en passant par l’allégement des charges.

«Il faut qu’on nous sorte de là ! », lance Eric Thirouin, secrétaire général de la FRSEA Centre, en faisant allusion à la situation difficile des céréaliers… et plus globalement des agriculteurs français. « Aujourd’hui les présidents de fédérations se sont transformés en pseudo-assistantes sociales » face à des exploitations agricoles en grande difficulté financière qui « doivent déposer le bilan », raconte Michel Masson, président de la FRSEA Centre et vice-président de la FNSEA. Dans le département du Loiret, un quart des exploitations vont mettre la clé sous la porte, estime-t-il. C’est dans ce contexte que certaines FRSEA dites « céréalières » avaient évoqué, lors du congrès de la FNSEA début avril, l’idée de faire venir « les tracteurs à Paris ». L’objectif était de se faire entendre notamment de Nicolas Sarkozy qui a renvoyé les conclusions du comité de suivi des céréales à la fin de l’année. Pourtant le bilan de santé de la Pac va priver les céréaliers, dès 2010, de 80 à 100 euros/ha, expliquent-ils.

« La mayonnaise prend »
Ce mot d’ordre sectoriel a vite pris une tournure plus globale. « La mayonnaise prend », commente Eric Thirouin. Pas moins d’une quinzaine de FRSEA sont mobilisées (l’Ile-de-France, le Nord-Pas-de-Calais, la Haute et Basse Normandie, Midi-Pyrénées, Champagne-Ardenne, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Centre, Bourgogne, France Comté, Picardie…). Les organisateurs attendent plus de 1 000 tracteurs qui vont converger vers Paris. Le cortège, fort de 5 000 manifestants, partira le matin du 27 avril de la place de la Nation pour se diriger vers la République et la Bastille. Un meeting est prévu en fin de matinée. Les manifestants défileront avec le slogan « Fauchés comme les blés ! » sur leur T-shirt avec le logo « FRSEA ». En effet, la FNSEA n’appelle pas à cette action mais la soutient. Il n’est pas exclu que la FNSEA appelle à une grande manifestation « multiproduits » dans les mois qui viennent, expliquent les organisateurs de l’opération du 27 avril. De toute manière, « il n’y aura pas que des céréaliers à notre manifestation », souligne Michel Masson.

L’enjeu européen
Les céréaliers souhaitent évidemment interpeller le pouvoir en place mais aussi le commissaire européen Dacian Ciolos, de passage à Paris, le 28 avril. La gestion des marchés des grandes cultures fait partie de leur « plate-forme de revendications » au même titre que l’allégement des charges et des contraintes environnementales. « Dans les débats à venir sur la réforme de la Pac, la France doit avoir comme priorité absolue le maintien et la mise en place d’outils permettant de gérer les marchés en cas de crise comme celle que connaît le secteur des grandes cultures » estiment-ils. A plus court terme, il faudrait réussir à exporter entre 4 à 5 millions de tonnes afin que les stocks ne pèsent pas sur des prix déjà bas. Les céréaliers demandent des « mesures immédiates », comme des aides à l’exportation, pour écouler une partie de leur production avant la prochaine récolte. « Si on n’arrive pas à désengorger le marché des céréales, la campagne 2010 est morte », ont-ils conclu.

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