Abonné

Recherche et Innovation/UE Plus de 4 milliards d'euros prévus par Bruxelles pour la R&D alimentaire sur 2014-2020

- - 5 min

« La recherche et l'innovation joueront un rôle crucial pour éviter une crise de la sécurité alimentaire en Europe et dans le monde». C'est le leitmotiv qui a dominé un séminaire de haut niveau sur le « rôle de la recherche et l'innovation dans l'agriculture » qui s'est tenu au Parlement européen en présence de la commissaire européenne à la recherche, Maire Geoghegan Quinn. Cette dernière a précisé que c'est dans cette optique que la Commission européenne a proposé de doubler les dépenses de R & D en faveur de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour les porter à plus de 4 milliards d'euros sur la période 2014-2020.

Pourquoi la recherche et l'innovation ont un rôle crucial à jouer pour éviter une crise de la sécurité alimentaire ? C'est la question que se sont posée décideurs politiques, experts agricoles, patrons d'entreprises et leaders mondiaux en matière d'innovation agricole et agroalimentaire lors d'un séminaire à Bruxelles le 4 juin sur le thème du « rôle de la recherche et l'innovation en agriculture ». Le message clé des participants a été on ne peut plus clair : la production alimentaire mondiale doit être augmentée d'au moins 60% d'ici 2050 pour nourrir les 9 milliards projetés de la population mondiale. En effet, les défis auxquels l'UE devrait faire face s'annoncent problématiques : comment faire pour contribuer à nourrir les 75 millions de bouches supplémentaires chaque année à partir de la même superficie de terres, avec une productivité agricole européenne restée relativement stable au cours des 20 dernières années, avec une part de marché de la production mondiale en diminution ?

Un défi de taille pour l'Union

Les participants ont rappelé que ce sont aujourd'hui les autres régions du monde, en particulier celles qui ont favorisé l'innovation et donc leur position concurrentielle qui ont une plus grande influence sur le marché alimentaire mondial. Il est en effet prévu que production alimentaire de l'UE devrait augmenter d'un montant nettement inférieur à celui de ses concurrents au cours de la prochaine décennie, et que, de ce fait, le cadre réglementaire européen régissant l'innovation et les nouvelles technologies devrait s'adapter à l'évolution. Jimmy Burke de l'University College de Dublin a indiqué que « répondre aux besoins alimentaires d'une population mondiale en expansion est un défi de taille pour les agriculteurs et l'industrie alimentaire mondiale. Nous devrons utiliser tous les outils à notre disposition sur une échelle jamais vue auparavant, si nous voulons augmenter le rendement des cultures pour nourrir les 75 millions de personnes supplémentaires qui seront sur notre planète chaque année. Par conséquent, nous devons absolument poursuivre la croissance de la productivité». Liam Aylward député européen (ADLE, Irlande) a fait observer de son côté que « la population mondiale croissante alliée à une croissance économique rapide dans les pays en développement et les pays émergents ont substantiellement gonflé la demande pour les produits alimentaires. Avec une augmentation très limitée de la quantité de terres disponibles, la plupart de la production alimentaire supplémentaire devra provenir de l'augmentation de la productivité agricole à travers le monde. L'enjeu majeur pour l'avenir n'est pas seulement de produire plus, mais de le faire d'une manière durable avec des ressources limitées ».

Bruxelles veut favoriser les partenariats public-privé

Message apparemment entendu par la commissaire européenne à la recherche, Maire Geoghegan Quinn : « Un financement substantiel sera fourni dans le cadre du programme communautaire Horizon 2020 pour des solutions innovantes dans l'agriculture durable et la production alimentaire », a-t-elle indiqué lors de son intervention avant de préciser que la Commission propose « de doubler les dépenses de recherche et de développement en faveur de l'agriculture et de l'agroalimentaire, pour les porter à plus de 4 milliards d'euros sur la période 2014-2020.... C'est un signal politique clair qui montre que nous voulons mettre la recherche agroalimentaire – en tant qu'élément clé de la bio-économie (1), bien en évidence sur notre agenda ». La commissaire a souligné que Horizon 2020 est « une initiative phare visant à assurer la compétitivité de l'Europe. Une agriculture compétitive et un secteur alimentaire seront essentiels pour non seulement assurer les besoins de sécurité alimentaire de l'UE, mais aussi pour contribuer à l'approvisionnement alimentaire du monde pour une population mondiale en expansion ». Selon elle, « l'UE doit investir dans la recherche et l'innovation et veiller à ce que ces investissements se traduisent par des résultats concrets sur le terrain ». L'UE, a-t-elle ajouté, doit faire en sorte qu'« agriculteurs, entreprises alimentaires et chercheurs travaillent ensemble. Elle doit également favoriser les partenariats public-privé et public-public et en assurant en même temps une meilleure coordination entre les États membres dans le secteur de la recherche agricole pour atteindre une véritable valeur ajoutée européenne. C'est précisément l'impulsion que nous cherchons à stimuler avec le programme d'innovation de la recherche Horizon 2020 de l'UE pour 2014-2020 ». En plus des défis dus au changement climatique, la commissaire irlandaise a souligné aussi la nécessité de lutter contre le gaspillage alimentaire qui chaque année, selon elle, « envoie à la poubelle près de 50 % de la production mondiale de denrées alimentaires ».

(1) En Mars 2012, la Commission européenne a lancé une « Stratégie globale et un Plan d'action pour une bio-économie européenne en 2020 englobant les défis de l'agriculture durable et la sécurité alimentaire.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
sécurité
Suivi
Suivre