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Production porcine Plus de 700 éleveurs de porcs ont manifesté à Paris le 26 janvier

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Plusieurs centaines d’éleveurs de porcs se sont réunis à Paris, le 26 janvier, pour « réclamer l’affichage immédiat de l’origine des produits et faire part de la situation dramatique qu’ils vivent depuis plus de 4 ans », selon la Fédération nationale porcine, à l’origine de l’événement.

Plus de 700 éleveurs issus de toute la France étaient présents le 26 janvier à Paris. Cette mobilisation, organisée en moins de 72h, a permis de rencontrer près d’une cinquantaine de parlementaires aux Invalides, selon Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). D’après Paul Auffrey, secrétaire général de la FNP, le but de cette manifestation était de « mettre la pression sur le gouvernement » au travers des parlementaires afin de faire respecter par les industriels et la distribution l’accord interprofessionnel sur la mention d’origine. La revalorisation du prix de la viande au consommateur était aussi mise en avant. En effet, la hausse du prix des matières premières a renchéri le coût de l’aliment du bétail de 30 à 40%. En élevage de porc, l’alimentation représente près de 60% des coûts de production. Le coût de production s’établit actuellement de 1,50 à 1,60€/kg carcasse alors que le prix payé au producteur s’établit à 1,25€/kg en moyenne. Les éleveurs vendent donc à perte. Avec des trésoreries à sec car en crise depuis 4 ans, les éleveurs réclament une hausse du prix demandé au consommateur afin de prendre en compte cette augmentation du coût de production dans leur prix de vente des animaux.

La crise de la dioxine joue négativement sur les cours
Par ailleurs, le scandale de la dioxine en Allemagne « tire les cours à la baisse » puisque le marché français est connecté au marché allemand. Ce phénomène accentue les pertes financières des éleveurs. La viande allemande est bradée depuis plusieurs semaines. Ses débouchés à l’export se sont fermés (Russie, Chine, Corée du Sud…). Elle est donc devenue hyper-compétitive et traverse la frontière française avec facilité au détriment des éleveurs français. C’est à ce niveau que l’accord interprofessionnel volontaire du 15 décembre sur la mention d’origine intervient. En effet, il demande d’indiquer l’origine de la viande de porc pour les viandes fraîches et transformées sur les emballages ainsi que le label Viande de porc française (VPF). Le but de cet accord : informer le consommateur et l’inciter à faire un achat citoyen. Avant la crise de la dioxine, cette indication d’origine devait prendre effet après la fin des stocks d’étiquette des transformateurs, en mars 2011. Depuis le scandale de la dioxine, les éleveurs demandent un étiquetage immédiat. Par ailleurs, d’après le communiqué de presse de la FNP du 25 janvier, ils « attendent aussi du gouvernement une activation des outils de gestion de marché et une année blanche pour les producteurs les plus en difficulté. » La Confédération française de l’aviculture a « apporté son soutien à l’action » menée à Paris dans un communiqué de presse du même jour.

Une mobilisation « nombreuse, pacifique et digne »
Sur les pancartes tenues par les éleveurs, « escroc » et« voleur » barrent les noms de grandes surfaces comme Super U, Auchan ou E. Leclerc. Les charcutiers salaisonniers sont aussi visés avec Madrange. Habillés de T-shirt blanc, « Consommateurs trompés, éleveur volés », la centaine de manifestants a été très vite bloquée par les CRS. Cependant, une délégation a été reçue à l’Assemblée nationale par Marc Le Fur, vice-président de l’Assemblée et député des Côtes d’Armor. Ce dernier est venu ensuite exposer son point de vue avec les éleveurs, accompagnés de Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine, Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA et Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne. Tous ont pris la parole pour expliquer la situation « exceptionnelle » dans laquelle sont les éleveurs aujourd’hui. « L’Europe est loin d’être harmonisée », souligne Christiane Lambert à propos des distorsions de concurrence avec l’Allemagne, en relevant que ce pays affiche « une réussite insolente ». Cela dit, « les produits allemands ne viennent pas tout seuls sur le territoire français », note-t-elle avant d’appeler à la responsabilité des opérateurs. De même, elle remarque que « la dépense alimentaire n’est pas la seule variable d’ajustement du budget des ménages français » et conclut que « la volatilité on connaît, mais le prix toujours tiré vers le bas, c’est insupportable. »

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