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UE/Allégations de santé Plus de la moitié des demandes d'allégations retoquées par l'AESA

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« Manque d'information sur la substance sur laquelle l'allégation est fondée, absence de preuves que l'effet allégué soit bénéfique, inexistence d'études sur l'homme de l'effet bénéfique allégué sur la santé ». Ce sont là les principales lacunes épinglées par l'AESA dans sa deuxième série d'avis scientifiques sur les plus de 400 allégations de santé fonctionnelles génériques qu'elle vient d'évaluer.

Une relation de cause à effet n'a pu être établie entre la consommation de Lactobacillus plantarum BFE 1685 et la réduction des micro-organismes potentiellement pathogènes intestinaux ». « La lutéine (1) ne contribue pas au maintien d'une vision normale ». « La gomme de xanthane (2) n'augmente pas la sensation de satiété ». La deuxième fournée d'avis scientifiques de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire sur une liste de 416 allégations de santé fonctionnelles génériques établie par les États membres et la Commission européenne risque de faire grincer les dents de centaines de fabricants d'aliments fonctionnels et de nutraceutiques. Les experts du groupe scientifique de l'AESA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (groupe NDA) viennent en effet de retoquer la très grande majorité des demandes d'allégations des demandes d'allégations qui leur ont été présentées. Principaux motifs des avis défavorables des experts européens: manque d'information permettant d'identifier la substance sur laquelle l'allégation est fondée, notamment en ce qui concerne les probiotiques. Défaut de preuves aussi que l'effet allégué soit effectivement bénéfique au maintien ou à l'amélioration des fonctions de l'organisme, notamment des denrées alimentaires aux « propriétés antioxydantes ». Enfin absence d'études sur l'homme avec des mesures fiables de l'effet bénéfique allégué sur la santé.
En revanche, les évaluations du groupe NDA ont été positives lorsque les experts ont reconnu qu'il existait suffisamment de preuves scientifiques pour étayer les allégations, telles que par exemple celles concernant les vitamines et les minéraux. Tous ces avis ont été envoyés à la Commission européenne et aux États membres qui décideront en dernier lieu d'autoriser ou non ces allégations.

En finir pour 2011
Il s'agit de la deuxième série d'avis scientifiques sur les allégations de santé fonctionnelles génériques et le groupe scientifique NDA va poursuivre ses travaux sur les autres allégations de la liste. L'AESA explique que cette approche graduelle a été adoptée « en raison du très grand nombre d'allégations reçues pour évaluation et de l'exigence, faite à l'AESA, de publier ses avis peu après leur adoption afin de garantir la transparence ». Dans l'accomplissement de sa tâche, l'AESA dit prendre soin « d'associer des allégations similaires (par exemple, selon la substance et/ou le bénéfice) afin de former des avis cohérents ». L'AESA compte achever ses travaux d'évaluation des allégations de santé fonctionnelles d'ici à 2011 selon le nombre final d'allégations reçues. L'AESA va consulter la Commission européenne en vue de définir un calendrier plus précis pour l'achèvement des travaux, tout en tenant compte d'éventuelles allégations supplémentaires à évaluer.

1 - La lutéine comme le bêta-carotène est un des principaux caroténoïdes qui se trouve en forte concentration dans la rétine de l'œil. A l'état naturel, la lutéine se trouve dans les brocolis, le maïs, les épinards, les piments, les petits pois, les oranges, les pêches, les laitues, les choux...
2 - Utilisée principalement comme agent épaississant et liant dans la cuisine, mais également comme stabilisateur et émulsifiant.

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